Archives de l’auteur : Michel Collart

A propos Michel Collart

Michel Collart Après une vingtaine d'années de copywriting et de direction créative dans des agences comme DDB, LOWE TROOST, Y&R et O&M entre Bruxelles, Paris et Montréal, j'opère comme créatif et consultant indépendant depuis 1995 sous le nom de MC*COLLART. De "La vie est nulle sans bulles" pour Spa à "Nous tenons vos promesses" pour DHL ou "Une télé vous a enfin compris" pour le lancement de Club RTL à "Cette fois c'est moi" pour le Lotto, j'ai signé de nombreuses campagnes à succès. Depuis 2007, j'assure en plus les cours de conception-rédaction à la HELHa- Section Pub à Mons. J'ai fermé mon bureau de création en ce début d'année 2013 et, bien que je sois retraité, je continue à enseigner et à écrire, plus que jamais, tant que mes neurones le permettent. Je partage sur ce blog mon humeur du jour. À propos de tout et de rien, de tous et de riens.

Frais s-colère

Comme chaque année à cette période d’avant rentrée, nos chaînes de télévision et de radio consacrent de nombreux reportages – toujours les mêmes – aux coûts du matériel scolaire. Et l’on (re)voit les sempiternels témoignages et lamentations de parents se plaignant du prix des livres, des crayons, des cahiers, de la cantine, etc. Bien sûr, l’école, le savoir, l’apprentissage, ça coûte !

Mais ces « plaintes » ont le don de m’énerver. Je me souviens des années d’école de ma femme, prof de dessin, avec des élèves qui n’avaient ni crayons, ni papier, ni gomme : « Trop cher, Madame » ! Elle équipait alors elle-même, à ses frais, sa classe sans jamais, ou si peu, recevoir un minimum de reconnaissance des parents au contraire toujours prêts à rouscailler dès qu’une participation aux frais, même minime, leur était demandée.

Et si avant la rentrée scolaire, nos médias consacraient plutôt des reportages au coût des smartphones, des tablettes, des jeux vidéos, des jouets électroniques, des drones, des trottinettes électriques, des maillots de foot de stars, des cartes Pokemon, des fast food… j’en passe et des plus chers.

Allez, bonne dernière semaine de vacances quand même !

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Touche pas au grisbi…

Je possède un placement très rentable qui à chaque été me rapporte quelques kilos d’or. Je surveille son évolution de jour en jour et quand il me paraît bien mûr, je le secoue et je ramasse mes dividendes.

Cette année encore, j’ai voulu rafler mes bénéfices mais je n’étais plus seul sur le coup. Une bande de vermines voraces et dangereuses se sucraient sur ma fortune. Pas question d’approcher mon magot de trop près !

J’ai d’abord réagi impulsivement, en criant à celle qui semblait être la chef de la bande, la plus nerveuse en tout cas, celle qui me menaçait et me tournait autour : « Touche pas au grisbi… salope. » Surprise, elle s’est méfiée et s’est éloignée, elle a bien vu qu’avec ma tapette électrique, j’étais un agressif, un dangereux tonton flingueur* qui risquait de l’exploser façon puzzle.

Mais ça n’a pas duré longtemps, le groupe a bien vite repris le grignotage de mon or, mon bel or qu’il est pourtant l’or de récoltor.

J’ai donc changé de tactique, j’ai proposé un deal aux malfaiteuses : « Vous me laissez cueillir de quoi me préparer une bonne bassine d’or liquide pour mes tartines d’hiver et moi je vous laisse ce que rapportent les branches trop hautes pour moi. On est d’accord ? ». Pas folles, les guêpes ont accepté mon offre et m’ont fichu une paix royale pendant ma cueillette.

Et j’ai pu cuire une grande marmite de délicieuse confiture aux mirabelles dorées.

* Touche pas au grisbi

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Doucement !

Je suis rentré il y a peu d’une magnifique semaine en France. Tout m’a plu là-bas sauf une chose, le comportement de nombreux chauffards.

Je ne compte plus combien ont collé à mon pare-choc, avec appels de phare et coups de klaxon et ces mots sur leurs lèvres que je pouvais lire dans mon rétroviseur « Oh ! le Belge, avance ou dégage ».

Souvent, j’ai eu l’impression d’être un « couillon », un lambin, un pauvre type qui se traîne comme un escargot. Il est vrai que je respecte les limitations de vitesse : 80 km/h sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central du réseau secondaire et 50 km/h en agglomération.

Mais à chaque voyage en France ou presque, il m’arrive de céder, stressé, aux intimidations d’excités locaux et d’accélérer… et puis paf, quand je rentre en Belgique, je reçois un mot doux du Ministère de l’Économie et des Finances.

Pendant ma semaine en Normandie, j’ai été contrôlé une fois (oui, amis Français, riez, j’ai dit une fois) à 60 km/h où n’étaient autorisés que 50 km/h. Mais dans son immense bonté, l’officier du Service Public n’a retenu que 55km/h au lieu de 60 km/h, ce qui m’a valu quand même une amende de 90 €. Le prix d’une nuit d’hôtel… normal, je me suis fait flashé dans un petit village appelé L’HOTELLERIE !

Dans quelques jours, je me traînerai à nouveau sur les merveilleuses nationales et départementales de la Douce France et je préviens tous les chauffards qui me suivront : si me collez, me harcelez, me houspillez, me moquez, me menacez et me lancez « Oh ! le Belge, tu avances ou quoi ? », le Belge ralentira de plus belle. Plus question de me faire photographier par vos radars. Il ne vous restera alors qu’à me dépasser en faisant crisser vos pneus, en râlant, en éructant, même en coupant la ligne blanche si vous voulez.

Comme vous le faites déjà si souvent.

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Vérifications

Long couloir

Linoleum brillant

Odeurs d’encaustique

Relents d’éther

Sonneries de téléphone

Chuchotements derrière les portes

Ronronnement de soufflerie

L’airco sans doute

Tic-tac de ma montre

Pas un chat à l’horizon

Pas un individu non plus

« On viendra vous chercher » a dit l’infirmière

J’attends et… j’attends

Ici je ne suis personne

Et on n’est pas pressé

Quand je me suis présenté

On ne m’a pas demandé mon nom

Seulement ma date de naissance

Mon numéro de dossier

Je ne suis qu’un patient

Qui doit prendre patience

Je suis cool, ce n’est qu’une routine

Un contrôle périodique

Toujours fin août/début septembre

Un examen de passage

Parmi d’autres à venir

Tous en « logie »

Je les ai toujours réussis

Jusqu’à présent

Je fais bien mes exercices

Je suis toutes les recos

Ça devrait aller

Y a pas de raison

Que ça change

La confiance n’exclut pas le contrôle 😉 (Lénine)

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Le pont de l’aquarelle

Mon ami Jean a demandé à Marie-Thérèse de lui peindre la maison de son enfance près de laquelle un pont à la Van Gogh enjambait le canal. Ce pont comme beaucoup d’autres a hélas été détruit lorsque le canal en question fut élargi et modernisé.

Il n’en reste plus que quelques rares dans la région et nous sommes allés ensemble avec Jean et son copain Philippe à la chasse aux photos cet après-midi. Une balade magnifique au long d’un bras du vieux canal resté intact et pittoresque, et aujourd’hui livré aux pêcheurs, aux hérons et aux canards.

Nous y avons trouvé ce que nous cherchions, le sosie du pont de Jean. Un écriteau nous apprend qu’on le nommait Le pont de l’origine* car c’était à partir de ce point qu’on calculait autrefois la taxe que devaient payer les péniches empruntant le canal. Moi je préfère défiscaliser son nom et l’appeler Le pont de l’aquarelle car il servira de modèle à mon aquarelliste.

Il est superbe dans sa structure à la Eiffel et sous sa peinture écaillée vert-de-gris. Il sera bien chouchouté par les pinceaux de Marie-Thérèse au milieu de ses jolies fleurs.

IMG_5425.jpg* Vieux Canal du Centre – près de l’écluse n°12 avant le tunnel de Godarville

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ROSES et BLUES

PUR et IMPUR
PATHÉTIQUE et POÉTIQUE
GRÂCE et GRAISSE
CŒUR et CUL
CORPS et ÂME
LARMES et SPERME
TOUT et RIEN
RÊVE et MERDE
ROSES et BLUES
INUTILE et FUTILE

Entre prose et poésie, légèreté et désespoir, des textes d’amour amers et crus de mon ami Éric Neirynck – INUTILE et FUTILE (éd. LE LYS BLEU) – Moi, j’en verrais bien quelques uns en chansons, qu’en pensez-vous, mes amis musiciens ?

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Délire identitaire

« Afin de promouvoir le sens de l’identité de la jeune génération, nous établissons un « canon flamand » une liste de points d’ancrage de notre culture et de notre histoire flamande, qui caractérisera la Flandre en tant que nation européenne et que nos étudiants devront apprendre à lʼécole de même que les néo-arrivants dans les cours d’intégration. (…) » (extrait de la StartNota, base de discussion pour un nouveau programme de gouvernement flamand proposée par Bart De Wever – traduction publiée par le journaliste-chroniqueur Michel Henrion sur Facebook le 12 août dernier).

Mais où va ce pays ? C’est quoi ce délire identitaire flamand ? C’est quoi ce besoin d’appartenance à une « nation » ? C’est quoi cette méfiance, cette haine envers celui qui n’est pas né sur votre sol ? C’est quoi ce refus de ce qui n’est pas « vous » ? C’est quoi cette volonté de vous enfermer dans votre bulle ? Ne me dites pas que vous êtes tous comme ça ?

Jan, Dirk, Yvan, Els, Hugo, Wim, Piet, Geert, Guillaume, Inge, Marleen, Stijn, Chris, Tine, Erwin, Koen… je vous ai bien connus et ne vous ai jamais trouvé si différents de nous les francophones. On a travaillé, mangé, bu, rigolé, déconné, voyagé et parfois même plus ensemble, sans différence réelle entre nous, juste quelques mots que parfois nous ne comprenions pas les uns, les autres…

C’est quoi ce délire qui vous prend la tête ou plutôt qu’on voudrait nous faire croire qu’il vous prend la tête ? Moi, je ne veux et ne peux pas croire cela.

Évidemment, il est nécessaire et urgent que l’on discute franchement des problèmes et des difficultés que rencontrent la gestion et l’avenir de nos régions et de notre pays et que l’on y trouve de véritables solutions même si elles sont difficiles… mais, sérieusement, on ne va pas – vous n’allez pas – sombrer dans cette connerie imbécile, stérile et ignare du « canon identitaire » qui devrait conditionner votre – et notre – futur ? Vous n’allez pas laisser vos enfants patauger, s’enfoncer et se noyer dans cette mélasse puante ? Canon identitaire ou suicidaire ? C’est quoi ces drapeaux dans une fête de la musique ? Celle-ci n’est-elle pas sensée adoucir les moeurs ?

Non mais allo quoi, je rêve ou je cauchemarde ? Dites, beste vrieden, vous allez réagir quand même !

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