Archives de l’auteur : Michel Collart

A propos Michel Collart

Michel Collart Après une vingtaine d'années de copywriting et de direction créative dans des agences comme DDB, LOWE TROOST, Y&R et O&M entre Bruxelles, Paris et Montréal, j'opère comme créatif et consultant indépendant depuis 1995 sous le nom de MC*COLLART. De "La vie est nulle sans bulles" pour Spa à "Nous tenons vos promesses" pour DHL ou "Une télé vous a enfin compris" pour le lancement de Club RTL à "Cette fois c'est moi" pour le Lotto, j'ai signé de nombreuses campagnes à succès. Depuis 2007, j'assure en plus les cours de conception-rédaction à la HELHa- Section Pub à Mons. J'ai fermé mon bureau de création en ce début d'année 2013 et, bien que je sois retraité, je continue à enseigner et à écrire, plus que jamais, tant que mes neurones le permettent. Je partage sur ce blog mon humeur du jour. À propos de tout et de rien, de tous et de riens.

Buts

Premier match de l’année, superbe partie, première victoire plantureuse 10-4. Les joueurs, les coaches et les supporters sont aux anges. Je félicite mon petit Cyril pour les 3 buts qu’il a inscrits.

– Mais j’en ai marqué 4, papi !

– Mais non, je n’en ai compté que 3

– Non, je t’assure que j’en ai marqué 4

– ???

– 3 dans le goal des adversaires… et 1 contre mon camp

– Ah… tu comptes celui-là aussi ?

– Ben oui, c’est 1 goal, hein !

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Lumino-thérapie

Je n’ai découvert le formidable mot « brouillasse » que ce 8 janvier. Un ami, André Godenir, publiait sur son mur ce bel extrait d’ « Ardenne buissonnière » (éd. Duculot 1984), de l’auteur-photographe Edmond Dauchot :  » Au lever, une brouillasse épaisse à tout noyer, à tout imprégner, à tout liquéfier…  » une description brève et expressive comme une photo floue de cet épais coton qui enrobe nos journées depuis le début de l’année. En tout et pour tout, en ce mois de janvier, nous avons bénéficié de 19 minutes de lumière. Même pas deux minutes par jour.

Alors, soit on écoute Léo Ferré chanter Brumes et pluies de Baudelaire : « O fins d’automne, hiver, printemps trempés de boue – Endormeuses saisons ! je vous aime et vous loue – D’envelopper ainsi mon cœur et mon cerveau – D’un linceul vaporeux et d’un vague tombeau ».

Et on se pend comme un canal qui se serait perdu dans la brouillasse de notre plat pays.

Soit l’on capte tant bien que mal le moindre rayon qui passe et qui illumine le clocher du village, l’on va dire bonjour à la jument voisine dans sa bruine d’aquarelle et l’on va assister sous un soleil électrique à l’entraînement de foot de son petit fils.

Et la brouillasse, alors, devient sensass.

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Bonnes Volées et Bonne Santé

Retour aux affaires. Après trois semaines d’absence sur le court, j’ai repris ce matin le tennis du mardi avec les copains. Tirage au sort, je joue avec Michel contre Luc et Bill. Ça va être dur.

Et effectivement, bien que nous jouions bien, nous sommes menés 4-2 dans le premier set. Sur le terrain voisin, deux joueurs haut classés et beaucoup plus jeunes que mon groupe de sexa et septuagénaires, s’envoient des pruneaux, des missiles et des étoiles filantes. À chaque coup, résonne sous la bulle un coup de fusil. Idiots que nous sommes, nous avons l’impression que nous tapons comme des mules et que ce sont nos coups qui claquent aussi fort. Cela nous donne du tonus, à Michel et à moi, et nous revenons à 5-5 avant de terminer et de gagner le set 7-5. Nous n’aurons pas le temps de terminer le second set car nous devrons céder le terrain à un coach et son poulain, notre temps d’une heure trente étant écoulé. Résultat, Michel et moi terminons notre premier match de l’année avec 11 jeux contre 7 pour Luc et Bill. Au tennis, quand on aime, on compte !

On a bien joué et surtout on a gagné au « caractère », à la « volonté », à la « gnaque » (si, si, on peut avoir septante ans et fonctionner comme des gamins): tous les échanges étaient serrés, mais pas question de perdre, nous n’avons jamais flanché mentalement. Et puis aussi, avouons-le, la réussite était de notre côté.

Après la douche, on a refait le match au comptoir, en s’envoyant cette fois non plus des balles vicieuses mais des vannes pourries et nous avons trinqué sans ménagement au plaisir de nous retrouver tous en forme et en bonne santé après la terrible traversée, pour certains d’entre nous, des pièges arrosés et pétillants des réveillons.

Pour conclure ce billet, j’ai recherché une belle citation sur le tennis. Elle est de Yannick Noah » : « La crétinerie est une qualité essentielle au tennis ».

J’adore 😉

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Sujet rasoir

J’ai passé une bonne partie de l’après-midi à chercher des lames de rasoirs.

Consternant, non ? Et bien oui. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet mais j’ai pu constater que malgré tout ce qu’on nous raconte sur l’écologie et l’engagement des marques et de la distribution à réduire les déchets, on s’en fout royalement.

J’avais besoin de lames de rechange pour mon rasoir Gillette Mach 3 mais quand j’ai vu leur prix, 32 € pour 8, j’ai aussitôt recherché des systèmes moins chers. Et j’ai trouvé, en cherchant bien, des lames « universelles », au prix de 5,75 par paquets de 20.

Super-affaire, non ? Et bien non. Ces lames ne sont « universellement » compatibles qu’avec des rasoirs « vintage » (à glissière ou à « clips ») comme le célèbre Gilette GII… qui ne se vend plus, quand on a la chance d’encore le trouver, à moins de 25 euros. J’ai vu un prix de 13,90 € sur un site spécialisé mais il faut y ajouter une dizaine d’euros pour les frais d’envoi.

Si on veut aujourd’hui se raser à la lame sans dépenser trop, il ne reste quasi plus comme solution que les rasoirs jetables. Les rayons de Delhaize, Carrefour et Lidl que j’ai pris la peine de visiter cet après-midi débordent de Bic, Gillette et Wilkinson à jeter après deux ou trois utilisations. Des merveilles de technologie – de nanotechnologie précisent même les notices sur les emballages – et de design ergonomique moulé dans des matières plastiques agréables au toucher et au regard dans leurs jolies couleurs. Mais rendues bien vite en tonnes de merde polluante non dégradable jetées chaque jour dans les poubelles de la planète. Un exemple navrant de surconsommation irresponsable alors que les développements de l’ingénierie dans ce secteur pourraient proposer des produits innovants et durables, un marketing intelligent et des prix raisonnables. Une « perfection au masculin » qui serait aussi « une perfection au futur »

En attendant, je vais ranger mon Mach 3 aux lames prohibitives et jeter les quelques recharges incompatibles, composées heureusement de métal bio-dégradable… je ne vais plus me raser.

Ni vous barber avec des billets de ce genre.

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IMG_2460.jpg Il y a 25 ans, déjà, je ne me rasais pas tous les jours, donc rien de neuf, j’étais déjà hipster ou je ne sais quoi avant l’heure 😉

 

 

 

P’tit Belge, une fois

Mon p’tit-fils Awen est plongé dans « L’Ile Noire » d’Hergé avec Tintin et Milou sur les traces d’un gang de faux-monnayeurs. Calme et silence dans le living.

Son p’tit-frère Cyril en profite pour me raconter à voix basse une histoire à dormir debout et s’emberlificote dans de nombreux détails tous plus abracadabrants les uns que les autres. Je soupire et lui dis en souriant qu’il me raconte des craques. Il se fâche et répond :

– Je te jure, papi, c’est la pure vérité, c’est Awen qui m’a raconté tout ça.

Celui-ci sort alors le nez de sa BD et rigolard s’adresse à son frangin :

– Hé Cyril, arrête une fois de carabistouiller tout ce que je dis !

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Non ?

Je feuillette les dernières pages de mon carnet 2018 et tombe sur une liste de bonnes résolutions pour 2019.

Premier point : apprendre à dire non. Non aux trop nombreuses sollicitations. Non aux risques. Non aux tentations. Non aux bêtises. Quel ennui !… et je n’en suis qu’au premier point, la liste est encore longue. Et si je disais non à sa lecture ?

J’ai refermé le carnet et l’ai classé avec ceux des années précédentes dans les oubliettes de mon tiroir. Je crois, au contraire, que je ferais mieux d’apprendre à dire oui plus souvent.

Et j’ai inauguré un nouveau carnet.

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Jours uniques

Je déambule au rayon « livres » de la FNAC alors que je devrais normalement être dans une boutique de fringues.

Marie-Thérèse m’a demandé de l’accompagner pour les soldes. Un vrai supplice. Avant d’aller repérer les achats qu’elle compte effectuer dans les prochains jours, elle m’a fixé rendez-vous dans une bonne heure à une cafèt en me conseillant avec le sourire d’aller me choisir une chemise et un pull, « car avec tes vieilleries, tu ressembles de plus en plus à un baraki ». Je suis entré chez Jules, le premier magasin pour hommes que j’ai vu dans cette galerie commerçante et y ai tenu au moins deux minutes. C’est un record, jamais encore je n’avais passé autant de temps dans une boutique de vêtements. Mais je n’y ai rien acheté, un coup d’œil dans le grand miroir d’une cabine d’essayage m’ayant démontré que mes vieilleries me vont encore très bien. Il me restait donc 58 minutes à savourer dans la FNAC voisine.

Que du bonheur. Je m’arrête à chaque nouveau bouquin, le palpe, lit les 4èmes de couverture et les premières lignes des premiers chapitres. Mais aucun ne m’emballe vraiment. Trop d’histoires sombres et compliquées. J’ai plutôt envie de lectures claires, joyeuses et surtout lumineuses. Et soudain, je tombe sur le dernier ouvrage de Gabriel Ringlet, le prêtre-philosophe-poète qui m’avait bouleversé il y a un an avec son Vous me coucherez nu sur la terre nue (éd. Albin Michel) « apportant un éclairage nouveau sur la fin de vie et son accompagnement », des pages qui m’aidèrent dans les jours qui précédèrent et suivirent le décès de mon frère Etienne. Mais le nouveau livre de Gabriel Ringlet, La grâce des jours uniques (éd. Albin Michel), célèbre non plus la mort mais la vie, celle de tous les jours aussi bien ceux du quotidien que les exceptionnels. L’auteur y fait « l’éloge de la célébration… ré-enchante les rites, célèbre le quotidien ». Non, n’ayez pas peur, ce n’est pas un livre religieux pour illuminés ou bobos chrétiens. Comme le dit Gabriel Ringlet, il ne s’agit pas « d’une affaire de prêtrise… pour moi célébrer dépasse la célébration liturgique, c’est presque une manière d’être au monde. Quand j’écris, je célèbre. Quand j’enseigne, je célèbre. Quand je réponds à un courrier, je célèbre… On peut vivre sans célébrer, bien entendu. Mais pour soulever la vie, pour l’alléger, pour la porter plus haut et plus loin, nous avons besoin du rite. Il ne supprimera pas la souffrance, mais il peut éloigner la désespérance… »

Ces quelques lignes m’ont donné envie d’acheter ce livre car elles me renvoient à la raison d’être de mon blog dont je publie aujourd’hui le 2877ème billet. Quand je m’interroge – à chaque fois que je patine devant une page blanche – sur l’utilité de ma modeste écriture quotidienne, elle se trouve peut-être dans ces mots: « Célébrer le quotidien », tenter de donner du sens aux riens de ma vie. Essayer humblement de m’inspirer de la magnifique phrase de Philippe Delerm, un de mes maîtres, mise en exergue par Gabriel Ringlet en première page de son essai : « Il faut dire les choses de tous les jours avec les mots du dimanche ».

Pour qu’ils deviennent des jours uniques.

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