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En attendant l’orage

Des gouttelettes de sueur slaloment entre mes omoplates. Je viens de sortir de l’habitacle moite de ma voiture, retour de l’école et de l’ambiance lourde des délibérations. Il faisait torride et irrespirable dans la classe, la chaleur du projecteur s’ajoutant à celle du soleil léchant les vitres. Chauds les points, brûlantes les cotes, fiévreuses les discussions.

Je veux prendre le frais dans le jardin mais le ciel est lourd, les nuages entre gris clair et anthracite. C’est sûr, il y a de l’orage dans l’air. Et on l’attend, presqu’avec soulagement. Il fait tellement sec.

Les fleurs souffrent, la pelouse brunit. Il n’y a que les peaux, les cous, les nuques et les aisselles qui soient encore humides. Oui on l’attend l’orage, enfin la pluie. Celle qui va nous rafraîchir et désaltérer le jardin.

Mais depuis la tornade de l’été dernier, les ciels bas et noirs, les bruissements dans les feuilles, le chien de la ferme qui aboie, les oiseaux qui se taisent dans leurs abris, les grondements sourds et lointains du tonnerre ou des avions qui décollent de Gosselies font peur. La pluie ne sera-t-elle pas trombe, cataracte, déluge ? La brise ne deviendra-t-elle pas rafale, tempête, bourrasque ? Le poirier restera-t-il debout ou explosera-t-il comme le vieux prunier en juin 2016 ?

Oui, au jardin comme dans la vie, on a besoin d’air. D’éclairs. De gouttes de fraîcheur. Mais pas de larmes s’il vous plaît.

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Un dimanche bestial

Je ne sais pas vous mais moi quand ma voiture emprunte une petite route ardennaise, je suis aux anges. Disons plutôt aux « bêtes ». Dès que je vois le panneau routier avec le cerf qui bondit, je suis aux aguets. Je scrute les sous-bois des deux côtés de la route dans l’espoir d’apercevoir une biche, un sanglier ou un renard. Cela m’est arrivé quelques fois mais reconnaissons-le pas souvent.

Mais aujourd’hui ne fut pas un dimanche en Ardennes comme les autres. J’ai vu des cerfs, des biches, des chevreuils, des lynx, des chats sauvages, des sangliers, des renards, des loups, des loutres. Et aussi plein d’oiseaux : des éperviers, des chouettes, des pics, des cigognes, des oies sauvages. Et aussi des insectes, des papillons, des batraciens, des poissons. J’ai même pu observer des éléphants, des girafes, des lions, des tigres, des reptiles, etc.

J’ai eu le bonheur de visiter à Dinant une expo sensationnelle d’un des plus grands artistes-animaliers de notre pays, André Buzin. Depuis 30 ans, ce peintre et illustrateur mosan a créé, entre autres, de nombreuses collections de timbres-poste représentant des animaux des forêts de chez nous mais aussi de la jungle et de la savane africaines. Je me suis promené parmi toute sa faune et aussi sa flore à la fois naturelles et surréalistes  sans voir le temps passer.

J’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec lui et de le remercier pour cet après-midi de grâce. Une forte nature aussi belle et rêveuse que celle qu’il peint. Merci Monsieur André Buzin pour ce beau dimanche bestial.

André Buzin – Centre Culturel Dinant

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Fleur de terre

Parmi les jolies fleurs de mon jardin, il y a celle-ci que j’aime particulièrement. Elle est éphémère et ne vit que quelques semaines en été. Est-ce une Charlotte, une Daisy, une Juliette ou alors une Pompadour ?

Non, c’est une Bintje, une fleur bien de chez nous. Celle dont la racine, qu’on appelle aussi tubercule, deviendra en septembre une bonne grosse patate à frites.

Oui, aujourd’hui, le bout de mon jardin et les champs qui entourent mon village resplendissent du blanc pur de ses pétales, du vert émeraude de ses feuilles et quand on regarde de près du jaune pétant de ses boutons.

Un peu de beauté et de poésie avant un destin riche en glucides, à cuire deux fois dans la graisse de bœuf – on s’en fout des scrupules des fonctionnaires de l’Europe.

Et à consommer ensuite avec de la mayonnaise, dirait Devos. Ou de la sauce andalouse, rétorquerait Lemmens.

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Soleil

– T’as un nouveau chapeau, papi ?

– Oui, comment tu le trouves ?

– Super beau !

– Et toi, ta casquette, elle est où ?

– J’sais pas, elle était au porte-manteau, on m’ l’a pris

– Ta belle casquette américaine ? Ça c’est bête, tu aurais dû la ranger dans ton cartable

Cyril hausse les épaules, il s’en fiche, ce qui l’intéresse maintenant c’est mon chapeau.

– La voiture est garée assez loin, prends mon chapeau jusque là parce que le soleil cogne dur

Il n’attendait que ça et enfonce le couvre-chef jusqu’à son nez.

– Mais Cyril, pas si fort, tu ne verras plus clair

– Si, si, je vois à travers et ainsi je protège mes yeux

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Ողջույններ

Michel, je suis sur la place de Nivelles à 14h15 si le cœur t’en dit. Bernard – OK, j’arrive, t’es où ? Michel – Je suis au Code Bar sur le coin 😉

Le SMS (TEXTO pour mes lecteurs français),  il n’y a pas à dire, c’est quand même une invention géniale. Bernard, un vieux copain photographe est de passage dans ma ville et il me propose à l’improviste de boire un verre avec lui. Cela n’arrive pas souvent, alors je débarque sans délai.

Bernard est revenu ce week-end d’un voyage en Arménie où il est allé avec Dan, un autre ami de longue date, passer quelques jours chez Fred, un vieux pote art director avec qui j’ai travaillé – et aussi un peu, beaucoup, rigolé – il y a deux ou trois siècles. Fred a quitté la Belgique il y une quinzaine d’années et vit aujourd’hui à Sissian, à 200 km d’Erevan, après avoir transité par Casablanca, Dubaï et Jeda. Je ne l’ai plus vu depuis lors mais j’ai de temps en temps de ses nouvelles via une autre invention magique – quand elle est bien utilisée – qui s’appelle Facebook. Grâce à mes billets quotidiens, je sais que Fred ne m’a pas oublié. Les statistiques de lecture quotidiennes que me livre WordPress, le serveur de mon blog, je vois quasi tous les jours la mention d’un lecteur en Arménie. Parfois – rarement – Fred likes un de mes billets. Il a toujours été économe de ses efforts. Donc, quand il likes, je sais qu’il aime vraiment.

Bernard m’a montré quelques photos de son voyage et j’ai pu revoir avec émotion l’ami Fred toujours en forme, affichant le même sourire sympa que celui que j’ai connu. Bien sûr, Bernard m’a dit qu’ils avaient bu quelques vodkas et autres liqueurs locales, dont une ou deux à ma santé.

Il paraît, selon Bernard, que là-bas quand on lève son verre et que l’on porte un toste on dit Bortch, c’est du moins ce que j’ai compris. Comme je n’étais pas sûr, j’ai utilisé Google Traduction et j’ai sorti le mot arménien Ողջույններ qui signifie Cheers en anglais, À ta santé en français, Saluti en italien, Prosit en allemand… bon, j’arrête là, je ne vais pas vous retranscrire tout le dictionnaire.

Fred, quoiqu’on dise, je lève mon Orval à ta santé et espère te revoir un de ces quatre lors d’un de tes passages en Belgique. Quant à toi Bernard, merci d’avoir partagé ce bon moment cet après-midi.

FullSizeRender.jpg (WordPress Stats – michelcollart.wordpress.com)

 

 

 

Choses simples (merci Alex)

Il y a quelques jours, mon ami Alex est revenu de Corse pour un court séjour en Belgique. Nous avons passé ensemble quelques heures de pur bonheur à Waterloo et, avant qu’il ne reparte vers son île,  je suis allé déposer à son hôtel quelques oeufs de mes poules et un pot de confiture de prunes de 2015, dernière production de mon prunier Reine-Claude abattu par la tempête de l’été 2016.
Comme je l’ai écrit dans mon billet Gourmandise Impériale du 12 juin dernier, Alex est un “Aigle” de la pâtisserie… et il l’a encore prouvé avec les modestes produits de mon jardin comme en témoigne le Message Personnel et les photos qu’il vient de m’envoyer (voir ci-dessous *). 
Merci l’ami et à très bientôt, j’espère, à Bonifacio, Ajaccio, Waterloo ou ailleurs.
J’adore les choses simples, comme l’amitié notamment.
* Salut Mich, très belle mie jaune due à la qualité des oeufs, une confiture vraiment très bonne (et pas trop sucrée), un petit dôme au milieu pour rappeler Waterloo : voici biscuit Saint-Michel (et celui-ci, il n’est pas industriel). J’ai failli faire une finition avec de la Chantilly, et puis après réflexion, je me suis dit qu’il devait rester pur, nature et simplement authentique. Voir les photos qui suivent …
Comme disait fort bien Herta : ” … ne passons pas à côté des choses simples”. Alex 🙂
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Dimanche-groseille

Boulot de patience ce dimanche : cueillette des groseilles et puis transformation de la récolte en gelée. J’ai besoin d’une chaise car je me suis levé avec le bas du dos en compote dû à un faux mouvement ou un effort tennistique. Ou alors, tout simplement un peu d’humour lombaire : un dos en compote – ah ah c’est rigolo ! – le jour où j’envisage de faire des confitures.

Cueillir des groseilles est un vrai travail de bénédictin. C’est comme prier avec un chapelet, grain par grain, Je vous salue Marie, Notre Père qui êtes aux cieux, cent fois, mille fois. D’habitude, je me fais aider par mes petites mains mais aujourd’hui elles avaient d’autres projets du genre lancer des ballons ou s’accrocher à des balançoires. Je fais donc le job tout seul. Quand j’arriverai au bout de la clôture à laquelle s’accrochent les groseilliers, j’aurai un seau bien rempli de petites perles rouges et brillantes. Et les mains sanguinolentes, bien collantes.

Je serai alors prêt à attaquer la deuxième partie du travail. Égrener, pré-cuire, presser le jus (dans une étamine), cuire à nouveau à bouillons moyens, ajouter le sucre, surveiller, empoter. Ouf ! la gelée n’aura plus qu’à refroidir. On verra demain si elle est réussie. J’ai mis aussi de côté trois ou quatre grosses poignées de fruits. Tout à l’heure ou demain, je préparerai une délicieuse tarte… si du moins j’ai encore assez de farine dans l’armoire.

Vers quatre heures de l’après-midi, j’ai sorti mon portable sur la terrasse pour écrire ce billet paresseux. Deux papillons blancs me tournent autour et de jeunes mésanges piaillent dans le noisetier. Un ramier ou une tourterelle roucoule sur le toit du voisin. Voilà, c’est tout pour l’instant, je n’ai rien d’autre à signaler. Je reviendrai sur cet écran si d’autres événements importants devaient se produire dans le jardin, une querelle entre deux poules par exemple ou un vol de cerises par un gang d’étourneaux.

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