15 août 1919

J’ai toujours détesté les blagues imbéciles et vulgaires sur les belles-mères. Je regrette trop la mienne qui aurait fêté ses 98 ans aujourd’hui si elle n’était partie trop tôt.

Tous les 15 août, pendant des années, nous l’avons fêtée à la maison ou chez ma belle-sœur. Oh ! n’allez pas croire qu’entre elle et moi, tout fut rose. Nous avons eu nos désaccords et nos disputes. Je n’acceptais pas ses commentaires, à fortiori ses critiques sur les domaines dont je considérais être le seul responsable. Comme le capitaine du bateau, je me comportais souvent comme le seul maître à bord après Dieu.

Elle aussi. D’où quelques belles frictions. Mais entre nous, il y avait une affection sans bornes. Et j’ai toujours pu compter sur sa présence et son dévouement. Une belle-mère est généralement aussi une grand-mère. Que de fois, n’a-t-elle pas gardé mes enfants quand nous n’étions pas là, de jour comme de nuit. Que d’heures n’a-t-elle pas passées à leur chevet quand ils étaient malades ou à leurs côtés pour leurs devoirs. Que de kilomètres n’a-t-elle pas parcourus à pied pour aller les conduire et les rechercher à l’école. Que d’écoute ne leur a-t-elle pas offerte durant leur adolescence.

Avant qu’elle s’en aille, je lui ai dit – et ça l’a fait rire – que je lui brûlerais un cierge pour la remercier si j’en trouvais un aussi haut que la Tour Eiffel.

15 août 2017, je n’ai pas oublié.

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Chouette, il pleut !

Si tu vis en Belgique, il faut aimer la pluie. Et la pluie t’aimera.

Hier, il faisait plein soleil, j’en ai profité presque jusqu’au lumbago dans mon potager. Aujourd’hui, alors que nous avions prévu une belle balade, encore en bord de Meuse pour continuer nos repérages pour les aquarelles de Marie-Thérèse, nous avons dû changer nos projets à cause de la pluie battante et des prévisions orageuses. Qu’à cela ne tienne, nous sommes allés dans un petit resto sympa du côté du Bois de la Houssière. Et si le soleil n’était pas dehors, il était à table.

La pluie, en fait, il faut « faire avec » et elle peut même devenir pur plaisir. Ainsi, la semaine dernière, avec mon petit-fils Maxime nous avons eu l’idée, inspirés par les cordes qui nous tombaient sur la tête, d’aller visiter le musée de l’eau à Genval. Une heure joyeuse et trempée à la découverte de l’histoire de l’eau sur notre planète et de son importance dans notre vie, de mares où vivent des grenouilles et des salamandres ainsi que plein de petites expériences ludiques qui nous ont enchantés tous les deux.

Et après la pluie vient la bonne bouffe. Déjeuner entre mecs autour du lac canardé par les gouttes. Bref de l’eau partout. Sauf dans nos verres d’Orangina et de vin blanc. Une journée d’averses de bonheur.

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Place aux jeunes

Encore un billet jardinier.

7h30 du matin. C’est lundi. On se retrousse les manches. Dehors dans le jardin, deux stakhanovistes s’affairent. Le pic épeiche qui martèle le noyer du voisin. Et moi qui attaque la haie des framboisiers épuisés et stériles.

Désolé les vieux, mais dans ce monde productiviste, il faut pouvoir suivre. Voilà déjà deux ou trois ans que vous n’en touchez plus une. Pas la moindre production. Rien. Nada. Pas une framboise correcte. Juste quelques misérables grains même pas rouges, mais blanc cassé ou beige clair malade. Alors ouste, il n’y a pas de place ici pour les vieux glandeurs de votre espèce. Non mais quoi ! Vous vous prenez pour qui ?

Vous occupez beaucoup d’espace au fond du potager, vous vous étalez, vous attirez de la mauvaise graine : des fougères qui se pavanent à vos pieds, des lierres qui vous entortillent, du mouron qui ne s’en fait pas et qui s’infiltre partout et même deux pétasses d’aubépines qui  griffent dès qu’on les touche.

Désolé vieilles branches, vous avez bien produit pendant des années, vous nous avez donné quelques bons pots de confiture, merci, mais là, vous ne fichez plus rien, il faut dégager. Je vais donner quelques coups de bêche et vous transplanter pour votre retraite dans la grande haie sauvage.

Désolé encore une fois de vous déraciner, mais dans ce coin potager, on bosse, on produit, on récolte, regardez donc les belles patates d’or, ça c’est du boulot ! À l’automne, ici à votre place de barbons-framboisiers fatigués, on plantera de jeunes et vigoureux groseilliers.

Je sais, c’est dur mais that’s life !

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Un dimanche à la campagne

Tapis sous la haie, six gros champignons se sont gorgés de la pluie de samedi et se laissent à présent sécher sous la douce lumière dominicale. À l’autre bout du jardin, le soleil caresse les fleurs jaune vif des millepertuis et flirte avec les pétales roses et blancs des hortensias hydrangeas.

De temps à autre, un chien aboie sa solitude dans un jardin voisin. Le chat roux de la voisine traîne sa paresse du côté de la prairie des poules.

Et moi, je cueille quelques mûres sûres – lointains souvenirs de sentiers d’enfance – sur le roncier en prenant garde de ne pas me piquer.

Un vrai dimanche de délicieux ennui.

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Euh… oeufs

Encore un petit billet à ajouter la saga des œufs contaminés. Pas ceux au fipronil mais ceux de nos poulaillers privés, souvent chimiques à l’insu de notre plein gré.

Moi, mes poules se nourrissent essentiellement d’herbe de prairie, de vers de terre, de pain sec, de maïs et de restes de table. Mais parfois, je me dis que je devrais leur donner quelques compléments vitaminés pour, comme il est écrit sur les emballages des farines spécialisées, une croissance naturelle et harmonieuse, une ponte régulière et une coquille d’œuf solide.

J’ai donc été ce samedi dans un magasin d’aliments pour animaux mais quand j’ai mis le doigt sur l’étiquette de la composition de ces produits, j’ai renoncé. Je suis sans doute victime de la paranoïa ambiante d’autant plus qu’il existe une demande d’installation d’un élevage industriel de soixante mille poules ou poulets dans mon village.

Et puis, je suis trop bête pour comprendre, je ne suis ni ingénieur chimiste ni vétérinaire-nutritionniste. Et en plus, je ne suis pas satisfait de mon ophtalmo.

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Voyage, voyage en camionnette bleue

Il pleut sur le marché. Les clients sont rares. Les maraîchers sont fâchés. Enfin, pas tous. Le marchand de patates s’en fiche. Il est loin de la terre et de ses pommes. Dans sa camionnette bleue, il roule, vogue, vole de pages en pages et sur le Gange ou l’Amazone, chez les blacks, chez les sikhs, chez les jaunes, voyage, voyage dans tout le royaume, sur les dunes du Sahara, des iles Fidji au Fujiyama…

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Repérages

Journée d’excursion-repérage pour les aquarelles de Marie-Thérèse. En avant pour les bords de Meuse en voiture, à pied et en bateau. Les paysages sont superbes même si la lumière n’est pas terrible aujourd’hui. Pas grave, on va se débrouiller, on a du bon matos et surtout un photographe qui a l’oeil et qui mitraille comme un pro.

– Mamie, je photographie le pont ?

– Oui

– La citadelle ?

– Oui

– L’église ?

– Oui

– Le bateau ?

– Oui

– Les drapeaux ?

– Oui

– Les rochers ?

– Oui

– Les arbres ?

– Oui

– Les nuages ?

– Oui

– L’eau ?

– Oui

– Les canards ?

– Oui

– Les poissons ?

– Oui

– Le pêcheur ?

– Oui

– Papi ?

– Non, pas nécessaire

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