Bonne route

Voilà, je viens de rentrer de la HELHa de Mons avec la satisfaction du devoir accompli. Pendant trois jours, j’ai accompagné et interrogé mes étudiants, les uns pour leurs examens de fin d’année, les autres pour leurs jurys de fin d’études. J’aurai vu et entendu beaucoup de bonnes choses… et quelques moins bonnes aussi. Mais dans l’ensemble, ce n’était pas mal du tout et beaucoup de ces jeunes sont prêts à entamer une nouvelle étape de leur vie. Je leur souhaite dès à présent bonne route.

Aujourd’hui, c’était aussi le premier jour du CEB, quatre jours d’épreuves pour les élèves de 6e primaire en vue de l’obtention du Certificat d’Étude de Base leur permettant l’accès à l’enseignement secondaire. Des examens qui préoccupent davantage les parents et les instituteurs que les enfants eux-mêmes comme j’ai pu le constater ce matin en écoutant quelques interviews à la radio :

– Alors, Nathan, es-tu stressé par le CEB ?

Par le CEB non… mais par mes parents qui n’arrêtent pas d’en parler OUIIII !

– Et toi, Jef ?

– Nous dans notre classe, c’est notre prof qui nous met la pression. Il a peur qu’on soit mauvais et qu’on puisse croire qu’il a mal fait son travail… on a beau lui dire de ne pas s’en faire, il n’arrive pas à se calmer.

Chez mes petits-fils, le stress du CEB ne fait pas encore de ravages. Maxime est trop petit, quant à Awen et Cyril, ils sont dans l’enseignement flamand et non soumis à ce certificat. Cela dit, les gars ne peuvent pas trop se la couler douce car ils ont des contrôles de fin d’année en dictée, calcul, sciences, étude du milieu, j’en passe et des meilleurs.

Seul Cyril qui est en dernière année de maternelle n’est pas encore concerné par ces jours de torture mais il se tracasse déjà un peu pour l’année prochaine car il sait qu’en primaire, lui aussi devra travailler. J’en parlais avec lui il y a quelques jours et lui disais que moi aussi dans mon école, j’allais consacrer cette semaine aux examens. Il m’a regardé avec de grands yeux tout ronds d’étonnement :

– Mais papi, t’es pas trop vieux pour faire des examens ?

– Oui tu as raison, mais je ne vais plus faire ça longtemps, encore un an. Et puis stop.

J’entrerai alors dans ma septantaine, l’âge de découvrir de nouvelles routes.

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Des roses et des mots

« Douce, belle, amoureuse et bien-fleurante Rose,
Que tu es à bon droit aux amours consacrée !
Ta délicate odeur hommes et Dieux recrée,
Et bref, Rose, tu es belle sur toute chose.»

(Pierre de Ronsard)

Tout le monde le sait, il n’y a pas de fleur plus sentimentale que la rose, surtout si elle est rouge-passion et couverte d’épines taquines. J’en ai reçu ce week-end, offertes par une adorable jeune femme, de splendides  à replanter dans mon jardin.

J’ai également reçu en cadeau des mains d’une autre jeune et belle personne une invitation à l’aventure: un bon pour un roman de mon choix dans ma librairie préférée.

Des fleurs, des mots, de l’amour… c’est chouette la fête des pères quand on a deux filles comme les miennes.

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Nino dans l’air *

Dimanche d’anniversaire, notre petit Cyril fête ses six ans. Bonheur intense, bonheur fragile. Il faut le saisir et le croquer à pleines dents, s’empiffrer de gâteau, de glace vanille, de jus de pomme, s’envoyer le ballon de foot dans la poire, s’éclabousser de rigolade. Je regarde les loustics et j’entends l’ami Nino Ferrer fredonner dans ma tête. Et je n’en veux garder que les mots que j’aime :

Autour il y avait le silence
Les guêpes et les nids des oiseaux…
On se baignait tout nus, tout noirs
Avec les petites filles et les canards…
                                                                                            

*La maison près de la fontaine (Nino Ferrer)

Il y a plein d´enfants qui se roulent sur la pelouse
Il y a plein de chiens
Il y a même un chat, une tortue, des poissons rouges
Il ne manque rien

* Le Sud (Nino Ferrer)

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Gourmandise impériale

Mon ami Alex de Bonifacio est venu passer quelques jours en Belgique. En bon Corse d’adoption, il est descendu à l’hôtel 1815 au pied du Lion de Waterloo et nous avons déjeuné ensemble dans un très bon restaurant de cette morne commune.

Alex est un Aigle de la pâtisserie. Une de ses passions consiste, en effet, à réaliser des tartes, desserts et gâteaux qu’il partage en photos succulentes sur Facebook. La crème brûlée, les éclairs et, bien sûr, le Mille- Feuille (appelé Napoléon par les Anglais) n’ont aucun secret pour lui.

J’ai donc déposé à son hôtel avant qu’il ne reprenne la route et la mer pour son île un petit colis contenant des œufs ramassés ce matin dans mon jardin et un des derniers pots de confiture de prunes Reine-Claude (récolte 2015) de mon arbre terrassé par la tempête l’été dernier. Bref, des ingrédients de très haute qualité pour qu’il les utilise dans une recette délicieuse… que je ne goûterai malheureusement pas sauf des yeux lors d’une de ses prochaines publications sur internet.

Mais que va-t-il préparer? Une pâtisserie typiquement corse ? Une douceur française ? Ou alors une gourmandise anglaise ou prusse en souvenir des quelques heures de bonheur que nous avons partagées ici à Waterloo ?

Un sms reçu il y a quelques heures a répondu à cette question cruciale : « …tes œufs pure nature et ta confiture millésimée vont se transformer en une noble pâtisserie, crois-moi. Je vais faire une Gênoise aux Prunes de Nivelles… ».

Une Génoise… ça ne doit pas faire plaisir à l’Ange Noir de Corse, ça !

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Mon Père…

Moi, mon père n’a jamais connu le sien et a passé son enfance dans des orphelinats.

Et puis, un jour, il a rencontré ma mère et ils ont fait cinq garçons qu’il a non seulement reconnus mais aussi éduqués, soignés, aimés. Mon père n’était pas un roi, mais un travailleur honnête, joyeux et courageux.

Des pères comme lui, nous sommes des millions à avoir la chance d’en avoir (eu) un. Et pourtant, le mien est unique, je dirais même qu’il est le meilleur du monde. Sur ce point, mes petits-fils ne seraient sûrement pas d’accord avec moi et prétendraient que le meilleur de la planète, c’est leur papa. Et probablement que beaucoup d’entre vous ne seriez d’accord ni avec moi ni avec eux.

Hélas, nombreux sont aussi ceux et celles qui n’ont pas de père. Ou pire, qui en ont un qui ne les reconnaît pas ou ne les aime pas.

J’ai vu, il y a un jour ou deux, un émouvant reportage sur les « beaux-pères » qui adoptent les enfants de leur deuxième épouse. Tellement plus réconfortant et «héroïque » que cette affligeante et royale saga médiatique d’Albert II et Delphine.

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C’est la plus ancienne photo de mon père (à droite) que j’ai retrouvée récemment. Elle date de 1937, il avait 23 ans, et n’avait pas encore rencontré ma mère. Je trouve qu’il ne manquait pas de classe. C’est ce qui m’a donné l’idée de re-publier, en ce jour de fête des pères, le billet ci-dessus écrit en 2013 quand notre roi Albert II n’a pas eu,lui, la classe de reconnaître sa fille Delphine. 

 

Art-en-ciel

Essayer de lever davantage les yeux vers le ciel, c’est sur ces mots que se terminait mon dernier billet.

J’ai mis ce vœu à exécution ce matin. En taillant mes haies. Enfin, entre deux coups de sécateur, il faut rester prudent pour éviter de se couper les oreilles en ayant le nez en l’air. Le ciel était trop beau, un superbe tableau abstrait en mouvement. Des lignes presque droites à la Paul Klee, des rectangles à la Mondrian, du bleu pas Klein mais pas mal quand même…

Quand la lumière les inspire, les avions qui décollent et qui atterrissent à Gosselies près de chez moi ont du talent.

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Ciel ma télé !

Je hais de plus en plus mes écrans et pourtant comme la plupart d’entre nous j’y suis accro. Je garde mon iPhone en poche ou sur ma table de nuit pour soi-disant être disponible à et avoir accès à mes proches à tout moment. Mais en réalité, je l’avoue, je l’utilise plus pour surfer sur les réseaux sociaux alors que je n’y trouve que rarement une perle égarée dans un tas de bêtises ou d’horreurs. « Mais je n’y vais que pour voir les réactions à mes billets, dis-je ». Menteur ! J’y suis un voyeur comme tout le monde et souvent j’ai honte et j’enrage d’y perdre autant de temps.

Quand je ne tapote pas mon iPhone, mes doigts courent sur le clavier de mon ordinateur portable qui porte bien son nom puisque je l’emporte partout où je vais. « On ne sait jamais des fois que je devrais taper une idée en urgence ». Menteur encore une fois, c’est surtout pour lire à tout moment les dernières infos (sur mon iPhone, mes vieux yeux ne parviennent pas à lire les articles).

Et enfin quand je ne suis ni sur l’un ni sur l’autre, j’allume ma télé. Heureusement, là, je suis assez sélectif. Les séries, les jeux, les émissions de télé-réalité, les talkshows vulgaires et/ou débiles, j’éteins d’office. Les journaux télévisés, je regarde mais ça me déprime. Les films, je m’endors car les bons sont diffusés en général très tard le soir. Les documentaires, je reste devant l’écran pour me persuader que je suis un téléspectateur intelligent mais je tiens rarement jusqu’au bout. Bref, je suis un compulsif des écrans mais comme ce qui s’y passe m’ennuie, me consterne ou me terrorise, je lis, j’écris et j’écoute de la musique en même temps. Et je m’étonne que j’ai des migraines !

Hier cependant, la télé m’a envolé, loin de cette fatalité qui me colle à la peau, elle a rempli ma tête d’autres horizons comme le chanterait Goldman. Sur FR2, Envoyé Spécial nous envoyait ailleurs. Loin, haut, avec Thomas Pesquet, le jeune astronaute français qui a filmé et photographié ses six mois dans la Station Spatiale Internationale à 400 km au dessus- de nos têtes. Une vie quotidienne en apesanteur. Des vues de la Terre époustouflantes. Un grand moment d’aventures télévisuelles comme j’en ai rarement vécu.

Pendant une heure, j’ai flotté au dessus des infos tragiques, des scandales politiques, des discussions imbéciles, des pubs trash… qui encombrent mes écrans et ma vie.

Et en redescendant sur Terre ce matin, après une nuit de rêves étoilés, je me suis promis d’éteindre plus souvent mes écrans-drogues et de n’en profiter que quand ils sont géniaux comme hier soir.

Entretemps, je vais essayer de lever davantage les yeux vers le ciel.

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