O(e)uf !

Quelle affaire ! On ne parle que de ça : depuis des mois, des millions d’œufs contaminés par un insecticide, le fipromil, auraient traversé les mailles (peu strictes) des contrôles et seraient en vente un peu partout. Les autorités compétentes n’ont réagi qu’avec retard, légèreté pour ne pas dire incompétence et les analyses en laboratoire présentent de nombreuses incohérences. Résultat : cette affaire prend des proportions sanitaires et surtout politiques telles que l’Afsca, l’agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, recommande par précaution aux consommateurs de ramener les œufs portant un des codes publiés dans la presse et sur son site.

Ce matin, en allant m’approvisionner auprès de mes fournisseuses privées installées dans ma prairie, j’ai vérifié que la production du jour ne portait aucune mention ce qui signifie qu’elle peut être consommée. Je ne l’ai donc pas ramenée dans son nid mais déjà utilisée pour la préparation d’un délicieux plat de mayonnaise-maison.

Quant aux œufs pourris portant les codes litigieux, si j’en avais, je ne les ramènerais pas en magasin comme le préconise l’Afsca mais j’irais les balancer sur la tête des (ir)responsables de cette pantalonnade alimentaire.

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Pattes de mouches

Depuis quelques jours, une alerte est lancée en Wallonie : le frelon asiatique est de retour et ce voyou détruit les ruches. Comme si les abeilles n’avaient pas assez d’emmerdes avec les pesticides vaporisés par les cultivateurs dans nos belles campagnes.

Mais ce n’est pas tout. On signale également un peu partout la présence de la pyrale du buis, la chenille dévastatrice qui bouffe nos jolies buxaxées.

Et cet après-midi, j’ai moi-même été personnellement  agressé par une nouvelle espèce d’insecte diptère du genre musca, la mouche du Moleskine, une grosse bébête volante et bourdonnante qui vous tourne autour, vous tourmente, vous persécute, vous harcèle, vous pique, vous énerve, bref vous distrait et vous rend stérile devant votre page blanche. Comme une célèbre consœur à la fois emmerdante, emmerdeuse et emmerderesse, qui faisait l’empressée autour d’un cocher et de ses six forts chevaux, celle de cet après-midi prétendait m’animer par son bourdonnement, piquait un de mes doigts, piquait un autre et pensait à tout moment qu’elle faisait aller la machine et aussitôt que s’animait mon porte-mine et que quelques mots se posaient dans mon carnet, elle s’en attribuait uniquement la gloire.

Non mais si jamais elle revient demain cette garce, je suivrai le conseil de l’horticulteur de mon village qui m’a dit que la façon la plus sûre de se débarrasser des insectes nuisibles est de leur tendre un piège, genre un filet serré ou un tissu, et une fois attrapés, de les ébouillanter ou de les brûler.

Fallait pas me chercher la mouche !

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J’ai crié

Je commençais tranquillement à arracher mes pommes de terre. Silence autour de moi à peine troublé par le bourdonnement de quelques abeilles venues butiner la plante de thym en fleurs. Mais au premier coup de bêche … aaahhh !… je n’ai pu retenir un cri.

Parmi les premières pommes de terres que je viens de récolter, une a été attaquée par un doryphore, le vampire du potager, un monstre vorace capable de ravager, en très peu de temps, toute une culture de patates. Heureusement, seulement une ou deux pommes de terre ne semblent avoir été rongées par le maudit coléoptère auquel je reconnais, je l’avoue, quelque talent artistique. Ou du moins de copieur. Son plagiat du Cri du peintre norvégien Edvard Munch est assez réussi.

Dommage qu’il ne se soit pas inspiré d’un artiste moins sinistre.

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Merci Monsieur le Policié

Dimanche début d’après-midi, contrôle routier sur une route de campagne souvent empruntée par les conducteurs avinés craignant de se faire pincer sur la nationale toute proche. Deux policiers et une camionnette au gyrophare clignotant attendent sur l’accotement. Un des deux me fait signe de m’arrêter.

– Bonjour Monsieur, dans le cadre de la campagne Bob, je vais vous demander de bien vouloir subir le test d’alcoolémie

– Pas de problème (je me sens à l’aise, je n’ai bu qu’une blanche avec mon déjeuner)

– Voulez-vous souffler dans cet appareil durant deux ou trois secondes comme si vous éteigniez une bougie. Sur son écran digital, l’appareil vous indiquera que vous devez attendre ou que vous pouvez passer.

Je m’exécute et aussitôt l’écran affiche PASSÉ (sic). Le policier sourit et m’autorise à continuer ma route.

– Merci Monsieur le Policié et bonne journé !

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Champi souvenir

Balade au petit matin au fond du jardin. Une averse orageuse s’est abattue hier soir sur le potager et la praire des poules. Oh ! rien de grave. Quelques roses abîmées seulement. Et mes rares champignons foutus. Explosés. De quoi prendre une photo champêtre. Mais pas d’écrire un billet. Quoique.

Un 6 août comme aujourd’hui, il y a 72 ans, 3 ans avant ma naissance, c’est-à-dire hier ou presque, un avion au nom joyeux d’Enola Gay s’en est allé gambader au-dessus d’une petite ville japonaise pour y larguer une violente averse d’uranium. Boum, un champignon gigantesque s’est élevé dans le ciel en laissant près de 100.000 morts au sol. En plus, des millions de personnes subiront des séquelles épouvantables de ce premier bombardement nucléaire.

Les petits champignons tout gris et rabougris de ma prairie m’ont rappelé de ne jamais oublier ce jour maudit. Restons vigilants face aux discours va-t-en-guerre des Docteurs Folamour de tous bords.

Voilà, c’était le billet bisounours et naïf du jour. Bon dimanche à tous.

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Mille millions de mille potirons !!??!!

– 0h ! la jolie cour de ferme avec son tas de potirons et son beau coq wallon… ça ferait une belle aquarelle !

– OK, j’ai compris, je m’arrête et je te fais quelques photos pour ta documentation

La route que nous empruntons pour revenir de Namur via les villages de Ligny et de Fleurus est bucolique avec ses champs de blé coupés, ses bottes de paille disséminées ou empilées, ses cultures de petits pois vert pétant, ses belles fermes de briques comme celle-ci, joliment nommée Ferme de la Paix.

Mais on peut vite passer des paysages bucoliques aux virages merdiques.

Peu après la sortie de Fleurus, j’aborde tranquille un rond-point d’où déboule un chauffard qui ne maîtrise pas son véhicule et déborde sur ma bande de circulation. Je braque par réflexe pour l’éviter et boum, j’heurte violemment une bordure ou une grille d’égout. Résultat, un kilomètre plus loin, un témoin lumineux m’informe d’un problème à ma roue avant droite. Pneu crevé et jante foutue. Par chance, je ne suis pas loin du grand parking vide du crématorium de Ransart (endroit très joyeux pour une balade campagnarde !) où je peux m’arrêter à l’aise pour changer de roue. Juste avant que le ciel d’orage nous tombe sur la tête.

Tout est bien qui finit bien mais ce chauffard, grrr, quel bougre d’extrait de potiron !

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La cabane du fumeur

Autrefois, dans une autre vie, quand je fumais encore, quand je voulais un moment de solitude hors du monde, je me réfugiais dans ma cabane à outils au fond de mon jardin.  Et j’allumais une cigarette. Le temps d’arrêter le temps.

Lentement, je décachetais un nouveau paquet, déchirais délicatement le papier aluminium qui protégeait les arômes du tabac et les humais profondément. J’allumais ensuite le Cricket que j’avais toujours en poche et, protégeant la flamme des deux mains contre les courants d’air, je penchais doucement la tête pour mettre la cigarette en contact avec le feu et aspirais une longue, très longue bouffée. Je toussais un peu mais le plaisir intense était plus fort que le désagrément d’une gorge qui gratte.

C’était un instant précieux, délicieux, un instant d’une grande sérénité.

Mais le tabac, me répétait inlassablement mon médecin quand j’allais le voir pour une angine ou une migraine déjà, est un poison sournois: « Si tu n’arrêtes pas de fumer après cinquante ans, attends-toi à avoir de sérieux problèmes avant tes soixante ans ».

Le plaisir de la cigarette dans la cabane a, effectivement, bientôt fait place aux hauts le cœur et au dégoût à chaque cigarette que je fumais névrotiquement ailleurs, dans mon salon, dans ma voiture ou au bureau si bien qu’un jour j’ai baissé la vitre de ma voiture et balancé dehors mon paquet encore à moitié plein ainsi que mon Cricket. Fini, basta, ras le bol, quand je suis rentré à la maison, j’ai jeté aussi tous mes cendriers dans la poubelle. Il y a de cela plus de quinze ans. Aujourd’hui la fumée me dérange, même en terrasse : je suis devenu un ex-fumeur qui ne supporte plus la présence de fumeurs à proximité.

Mais quand après avoir travaillé dans le jardin, je range mes outils dans la cabane et m’assieds sur l’établi pour me reposer, pendant quelques secondes, je redeviens un addict virtuel et sens à nouveau flotter malgré les odeurs fortes des vieilles planches de ma cahute des arômes de miel, de caramel, de pain grillé et autres douces senteurs boisées. Des arômes de tabac de rêve, quoi.

Comme disait un de mes amis ex-fumeur : « Moi, je suis fumeur et le resterai toujours, même si je n’ai pas allumé une cigarette depuis vingt ans ».

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