Mon père, ce…

Ma maman est née le 11 novembre 1914, elle aurait eu 105 ans aujourd’hui. Je pense d’abord très fort à elle, bien sûr.

Mais aussi à mon père.

Je viens, en effet, de terminer un livre qui m’a touché et me suis aussitôt plongé dans un autre tout aussi émouvant. Chacun relate la vie tragique d’un père. L’un marqué par la violence de la guerre, l’autre par le déracinement migratoire. Deux romans de fils, poignants.

Si je devais écrire la vie de mon père, je ne le pourrais pas car je ne la connais qu’à partir de la rencontre avec celle qui deviendra ma mère. Jusqu’alors, il est passé dans des orphelinats et des familles – disons plutôt des employeurs – d’accueil. Jamais, il ne nous a parlé de son enfance, comme s’il voulait la cacher, l’oublier. Mais contrairement aux deux auteurs que je vais évoquer, nous n’en avons, nous ses fils, jamais souffert. Si mon père n’a pas eu de parents, il a cependant si bien su en être un. Mais une douce paternité et une enfance insouciante, cela ne suffit pas pour écrire un roman bouleversant comme ceux ci-dessous. Dieu mer… non… merci papa !

Dans Mon père, ce tueur (éd. La manufacture de livres), Thierry Crouzet part à la recherche de la vie terrible de son père plongé dans l’affreuse guerre d’Algérie qui lui apprend à devenir un tueur. Il veut comprendre, lui qui vivra dans la terreur d’un père empli de haine, parfois menaçant au point qu’il ira jusqu’à coincer une chaise derrière la porte, le dossier sous la poignée chaque nuit pendant vingt ans pour se protéger des éventuels accès de violence de son père. Un récit effroyable sur la guerre d’Algérie et une évolution émotionnelle prenante jusqu’à la dernière page.

Dans Boy Diola (éd. Flammarion), Yankouba Diémé raconte avec une sensibilité tantôt douloureuse tantôt souriante, les pérégrinations chaotiques de son père, émigré sénégalais en France qui ne sait plus d’où il vient ni où il va, où est sa terre où est son ciel, lui qui passera d’un village de brousse aux chaînes de montage de Citroën, et puis à un boulot pénible à l’aéroport de Roissy, et puis brutalement du travail à la rue, et puis aux champs, et puis, et puis…

Un hymne touchant d’un enfant pour son père blackboulé et à travers lui pour des millions d’autres, dont le seul espoir de survie est de « Partir loin d’ici, traverser l’océan pour toucher d’autres soleils ».

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2 réflexions au sujet de « Mon père, ce… »

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