Belle France

Cette année encore, je suis parti pour quelques jours dans le sud de la France. Mais cette fois, je ne la survole pas en avion jusqu’à Nismes, ni en TGV jusque Avignon, ni par l’autoroute jusqu’à Montelimar.

Non, cette année, je la traverse en voiture, par les routes nationales et départementales. Pour la retrouver telle que je l’aime. Pour remplir mes yeux et ceux de mon aquarelliste personnelle de ses innombrables nuances de campagnes vertes, des ocres de ses façades crépies décorées de colombages, de ses collines dorées de céréales et parfois jaunes de tournesol ou encore de ses reflets de luzerne gris-rose.

Oui, quand on la parcourt vitres ouvertes au raz de ses forêts, de ses prairies, de ses champs, de ses villages, la France est belle. Et calme. Et sereine. Elle n’est pas en marche mais en pause extase. Elle n’est pas insoumise et coléreuse mais douce et joyeuse. De Brienne-le-Château à Bar-sur-Seine et ensuite de Châtillion à Dijon, j’ai suivi le tracé de l’étape du Tour de France d’hier. Partout des guirlandes de fête, des maillots jaunes, verts et blanc à pois rouges accrochés aux fenêtres, des calicots colorés invitant au BBQ ou à la soirée dansante des Géants de la route, des tonnelles abandonnées dans les jardins et les squares publics mais encore frissonnantes de la joie de la veille.

Oui la France est belle sous le soleil, dans la poussière et les brins de paille tourbillonnants soulevés par les moissonneuses-batteuses qui récoltent le grain à pleines remorques et déposent à perte de vue des bottes d’or tantôt rectangulaires, tantôt circulaires.

Oui la France est douce loin du trafic de l’autoroute, de la frénésie des aires « de repos » et des self-services pour touristes en short, chaussettes et sandales. Loin des banlieues sinistres et de leurs horribles méga-hyper centres commerciaux. Loin des campagnes mutilées si bien décrites dans Sur une majeure partie de la France (éd. JC Lattès) de Franck Courtès.

Oui la France que j’ai traversée aujourd’hui ressemblait à la chanson de Charles Trenet, à une page d’Antoine Blondin, à une séquence du 13 heures de Jean-Pierre Pernaut ou encore à la ritournelle de Stone et Charden Il y a du soleil sur la France et le reste n’a pas d’importance.

Oui, je sais, j’entends certains grogner que ce billet a de petits relents réac. J’avoue. Mais juste un peu, de temps en temps, ça repose.

Capture d’écran 2017-07-08 à 21.55.18.png

 

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s