Dessin

Une demi-heure à tuer. Je suis trop tôt pour récupérer Max au jiutsu. Je vais donc patienter à une de mes terrasses préférées au pied de notre sublime collégiale. Mais zut, j’ai laissé le journal dans la voiture, mon livre aussi et je n’ai pas non plus mon carnet de notes. Que faire de mes doigts et de ma tête ? Ah, ouf, j’ai mon mini-agenda et un porte-mine dans ma poche revolver.

Et si j’essayais de capter l’instant, de croquer cette collégiale sur cet espace grand comme un Post It en bas de page. Mais Dieu que c’est difficile à dessiner ces perspectives ! C’était des génies retors les architectes qui ont conçu ces toits qui s’entremêlent, des virtuoses pervers ces sculpteurs de colonnes et d’ogives, des phénomènes ces maçons qui ont enchâssé ces grosses pierres. Et eux n’avaient pas d’ordinateurs, pas de logiciels de calcul et de dessin.

À la fin des examens, je pense à mes élèves, futurs créatifs en communication. Très peu d’entre eux savent encore utiliser un crayon ou un marqueur, même aussi mal que moi. Ce n’est plus nécessaire aujourd’hui, le Mac fait le boulot. Le créatif doit juste avoir des idées. Et connaître la machine et le web. C’est ce qu’on dit en tout cas.

Tout en dessinant laborieusement, je constate qu’avoir un crayon en main et tenter de reproduire ce que je vois m’oblige à observer, à avoir le regard aiguisé, à discerner plein de détails que je n’avais encore jamais remarqués. Et pendant ce temps, mon esprit découvre et vagabonde, stimulé par ce que je griffonne.

Les idées, moi je trouve qu’elles jaillissent surtout de l’observation. Mais ce que j’en dis, hein !

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2 thoughts on “Dessin

  1. Vanquaillie

    J’éprouve toujours grand plaisir à vous lire. Nivelles, la ville de mon enfance.. l’école de la Maillebotte, les institutrices dont je me souviens des noms, la ferme à Baulers où nous allions acheter le beurre et les oeufs , les copines, nos jeux à la plaine où rien ne pouvait nous arriver car nous n’avions peur de rien.
    Après notre déménagement pour Bierges en 1966, j’ai vu très régulièrement dans le bus quelqu’un à qui par miracle je pense aujourd’hui. ..c’est vous qui m’y faites penser. Il était âgé d’environ 60 – 65 ans et, muni de son petit cahier et de son crayon, passait son temps à dessiner l’un ou l’autre passager. J’aimais ces moments, merci de me les avoir rappelés ! Comme vous j”adore écrire, lire et dessiner mais n’ai pas grand public. Les occasions sont donc rares.. donc importantes !
    Bonne soirée
    Anne.

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