En attendant l’orage

Des gouttelettes de sueur slaloment entre mes omoplates. Je viens de sortir de l’habitacle moite de ma voiture, retour de l’école et de l’ambiance lourde des délibérations. Il faisait torride et irrespirable dans la classe, la chaleur du projecteur s’ajoutant à celle du soleil léchant les vitres. Chauds les points, brûlantes les cotes, fiévreuses les discussions.

Je veux prendre le frais dans le jardin mais le ciel est lourd, les nuages entre gris clair et anthracite. C’est sûr, il y a de l’orage dans l’air. Et on l’attend, presqu’avec soulagement. Il fait tellement sec.

Les fleurs souffrent, la pelouse brunit. Il n’y a que les peaux, les cous, les nuques et les aisselles qui soient encore humides. Oui on l’attend l’orage, enfin la pluie. Celle qui va nous rafraîchir et désaltérer le jardin.

Mais depuis la tornade de l’été dernier, les ciels bas et noirs, les bruissements dans les feuilles, le chien de la ferme qui aboie, les oiseaux qui se taisent dans leurs abris, les grondements sourds et lointains du tonnerre ou des avions qui décollent de Gosselies font peur. La pluie ne sera-t-elle pas trombe, cataracte, déluge ? La brise ne deviendra-t-elle pas rafale, tempête, bourrasque ? Le poirier restera-t-il debout ou explosera-t-il comme le vieux prunier en juin 2016 ?

Oui, au jardin comme dans la vie, on a besoin d’air. D’éclairs. De gouttes de fraîcheur. Mais pas de larmes s’il vous plaît.

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