Brume

Lundi première heure. Personne dans le brouillard, vacances de Pâques, ils sont partis nombreux au soleil ou à la neige. Les miens sont bien arrivés à leurs destinations respectives, la semaine sera calme, presque vide. L’occasion pour réfléchir, scribouiller, lire (sur ma table de chevet Chanson douce de Leïla Slimani (éd. Gallimard) et Petit pays de Gaël Faye (éd. Grasset) que je lirai avec une pensée toute particulière pour mon ami François qui se bat pour la cause des métis bien peu considérés par la Belgique coloniale.

Comme chaque lundi matin, j’ai fui l’armée des « loques à reloqueter », direction le Lunch Garden désertique et nickel propre rien que pour moi. J’y retrouve des sensations d’avant, quand j’allais m’asseoir sur la banquette du fond avec mon journal, mon portable et mon agenda avant de prendre ma place dans le trafic. C’était mon heure à moi, encore un peu dans les brumes du week-end, une dernières gorgée de café et de liberté avant d’aller me parfumer aux oxydes de carbone et prêter ma plume aux marchand de chocolat, de dentifrice ou de téléphones portables.

Aujourd’hui, j’ai le temps, véritable fortune, de laisser passer le trafic, de ne plus courir après le vent de l’instant pour attraper quelques mots qui se vendent. Entre Obaix et Nivelles ce matin, pour ne pas que des fous me renversent, j’ai emprunté Les chemins de traverse avec Francis Cabrel.

Et je m’en fiche s’ils ne sont pas les plus courts, ils traversent des rêves de brume.

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