Rencontres marseillaises

J’ai les pieds en tapenade et le front rouge comme le demi homard de ma bouillabaisse d’hier soir. Que de kilomètres parcourus à pied aujourd’hui ! Nous venons de rentrer à l’hôtel, Marie-Thérèse s’est écroulée sur le lit et moi dans le fauteuil face à la fenêtre grande ouverte sur le Vieux Port, nous sommes crevés. Nous n’irons pas loin ce soir pour dîner. Nous avons repéré un restaurant sympa à quelques mètres.  J’ai quand même le courage d’ouvrir mon portable sur mes genoux et d’y jeter mes impressions du jour.

Un jour de belles rencontres ! D’abord avec la Bonne Mère dans sa basilique perchée sur la montagnette qui domine la ville et ensuite avec une mer toute en dentelles, une vision turquoise fragmentée et étonnante au travers des murs de béton ajourés du musée du Mucem dont l’architecture ciselée par Rudy Ricciotti m’a laissé pantois d’admiration. Une des constructions les plus surprenantes, avec le musée Guggenheim de Bilbao, que j’ai eu la chance de visiter. Il y règne une atmosphère sereine et heureuse, hors du monde, même si les nombreuses et extraordinaires expositions invitent à plonger dans son passé, son présent et son futur. J’ai passé beaucoup de temps dans la Galerie de la Méditerranée, une expo- présentation éblouissante des grandes caractéristiques des civilisations méditerranéennes, mêlant histoire, culture, religion et voyage. Un parcours jalonné d’objets et d’œuvres d’art vous faisant rencontrer les premiers cultivateurs dans leur domestication des végétaux, des animaux et de l’eau, les premiers religieux monothéistes, les premiers citoyens et démocrates de la Grèce et de Rome, les premiers colons partis au delà des horizons de la Grande Bleue.

Mais j’ai rencontré aussi, par le plus grand des hasards, cette fois en chair et en os, un écrivain que j’aime beaucoup. Sur la passerelle qui conduit du Fort Saint-Jean au musée Mucem, un visiteur souriant m’interpelle : “Vous êtes bien Michel Collart ?”. Euh, oui… je le regarde dans les yeux et reconnaît alors un de mes amis Facebook que je n’ai jamais rencontré “en vrai” mais dont j’ai tout lu : Franck Courtès. Nous échangeons quelques mots, suspendus entre ciel et mer, oh ! pas grand chose, je suis trop surpris, je ne me rends compte de cet invraisemblable instant que plus tard quand nous nous sommes séparés. J’aurai cependant la lucidité de lui dire de vive voix, et sans flatterie, combien j’aime ses livres et en particulier le dernier, Sur une majeure partie de la France (éd. JC Lattès), qui m’avait bouleversé et dont j’avais parlé dans un billet du 02 septembre 2016.

Je souhaite que le temps radieux de cette journée marseillaise rayonne sur une majeure partie de la France, de la Belgique, du Canada, des USA et de partout ailleurs où vous me faites le plaisir de me lire.

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Devant moi, dans le petit train qui mène à Notre Dame de la Garde 😉

 

 

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