La passerelle

C’est une passerelle moche, de béton et de métal. Qui enjambe le canal Charleroi – Bruxelles où glissent poussivement des péniches lourdes de ferrailles, de carburants et de machines. Il y a sur les berges des grues et des engins de chantiers, des gravats, des barrières, des matériaux pour les travaux du pont qui n’en finissent pas. Il y a aussi tout autour des corons flanqués de jardinets-potagers encombrés de remises à outils, de fils à linge et de vieilles planches.

Aujourd’hui, il n’y a personne sur le sale banc écaillé au pied de l’escalier qui mène à la passerelle. Parfois, un malheureux y est assis avec ses sacs en plastique et ses canettes de Carapils, mais aujourd’hui, il fait trop froid. Un chien fouine dans les buissons du parking du supermarché et lèche des papiers gras. Tous les quarts d’heure, on entend un train qui  file sur les rails derrière le talus et on dirait qu’il fait trembler les wagons rouillés immobilisés sur les voies désaffectées de la gare.

Mais quand tu lèves les yeux, tu vois alors un ciel bleu. Et quand tu regardes la rambarde de la passerelle, tu découvres des goelands prêts pour l’envol. Et quand tu fais attention où tu mets les pieds, des ombres jouent de la harpe sur le béton. Et quand tu te penches vers l’eau, tu suis des yeux une péniche blanche.

Et tu te dis alors qu’elle n’est pas moche la passerelle, mais qu’elle est belle.

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