Dame Trémière*

Elle a été si belle et si fière. Qu’est-ce qu’elle a posé durant le printemps et l’été, se tournant par-ci, par-là, exhibant ses élégants profils, sa fine silhouette et ses magnifiques nuances de rose. Elle se hissait toujours plus sur sa longue hampe pour regarder par dessus la haie et aussi – surtout – se faire admirer par le plus grand nombre.

Maintenant que l’été s’en est allé, que ses pétales sont flétris, elle se maintient comme elle peut. Tant que le ciel est bleu et que le soleil brille, elle se force à rester droite, comme un i, comme si elle était encore jeune.

Pour profiter de l’instant. Tant que la berce une douce brise. Le plus longtemps possible. Encore. Sans penser à l’automne. Et encore moins à l’hiver.

FullSizeRender.jpg

* Dans le dernier roman d’Amélie Nothomb, Riquet à la houppe (éd. Albin Michel), l’héroïne, icône de beauté, porte le prénom original de Trémière. C’est elle et la rose trémière de mon potager qui m’ont donné l’idée de ce billet.

 

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s