Amélie, mon amie de septembre

Pas question de commencer un mois de septembre sans Amélie.

À chaque rentrée, comme un métronome, Amélie Nothomb publie son roman de l’année. Je ne le rate jamais même si certains disent que cette routine plus commerciale que littéraire ne vaut pas tripette et classent l’écrivaine dans la catégorie des Russo et Cie.

Moi, Amélie, je l’aime bien. Avant tout pour la fantaisie et la virtuosité de sa langue, pour ses mots, ses phrases, ses tournures, la musique de son écriture plus que ses histoires dont j’avoue ne pas toujours me souvenir (ou si peu) sauf quelques unes formidables comme Stupeurs et Tremblements, Hygiène de l’assassin ou encore Tuer le père.

Je viens donc de passer quelques heures avec Amélie et Riquet à la houppe (Ed.Albin Michel) et elles furent délicieuses. Ce roman est un conte bourré d’imagination, inspiré de Perrault, qui met en scène deux héros : l’un très laid et savant, l’autre très belle mais silencieuse au point qu’on la croit idiote. Ces deux-là se rencontreront et je ne vous raconte pas s’ils seront heureux et auront beaucoup d’enfants. Pour le savoir, lisez le livre et méfiez vous des a-priori et des apparences.

De cette nouvelle histoire, je retiendrai surtout, une fois encore, l’atmosphère plus que les péripéties ainsi que l’art et l’amour des mots qu’y pratique Amélie. Exemple parmi tant d’autres, la page 65 m’a profondément touché car elle a fait remonter à ma mémoire mes premières rencontres avec le bonheur de lire. Déodat, le héros passionné d’ornithologie, y dévore les pages illustrées du Larousse présentant les différentes espèces d’oiseaux. Ce qui donne à Amélie l’idée de nous sortir une jolie description du plaisir de la lecture : « …ces pages regorgeaient d’oiseaux. Il fallait les feuilleter toutes sans exception : on ne savait jamais sur quelle espèces secrètes on allait tomber entre deux feuillets, comme un promeneur découvre un envol entre deux taillis ».

Cette phrase m’a marqué car elle me renvoie à mes 10-12 ans. Nous n’avions que très peu de livres à la maison sauf les 10 volumes de la grande encyclopédie Larousse que ma mère avait achetés à un vendeur qui faisait du porte à porte. C’est en les feuilletant souvent avec précaution (« Attention à ne pas abîmer les pages ni à plier leurs coins ! ») que j’ai appris à aimer le toucher du papier, son odeur ainsi que les rêves et les secrets qui s’y cachent. Et quand je suis entré en sixième année primaire, ma maman voyant mon intérêt pour la lecture m’a abonné à la collection Roitelet – Littérature Jeunesse et j’ai reçu pendant quelques années un roman par mois, je me souviens encore du premier, Le géant de la caverne.

Et de la lecture est né mon goût pour l’écriture qui a conditionné ma vie. Merci Amélie pour ce joyeux retour en enfance.

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