Argent

Depuis hier, je débats sur Facebook à propos de la fermeture prochaine de Caterpillar dans ma région, laissant ainsi 2200 employés et travailleurs et près de 5000 sous-traitants sans emploi. Une catastrophe pour mon pays de Charleroi déjà tellement dans la dèche. Une décision qui me fend le coeur. Je ne suis pas économiste, ni financier, ni ingénieur… mais je ne suis pas complètement con pour autant. Je comprends aisément les raisons de ce départ : le profit, toujours plus de profit. Et tant pis si l’obsession des dividendes provoque de la casse humaine.

Un des intervenants sur ma page Facebook m’a rappelé qu’en tant que publicitaire, j’avais été un collaborateur de ces grandes entreprises et que je devais comprendre leurs motivations. Comprendre, oui je ne les comprends que trop bien, mais de là à les partager et à applaudir les comportements des décideurs prédateurs ainsi que les lois (ou plutôt les non-lois) sauvages et impitoyables du marché… non. Cela m’a toujours profondément heurté, je n’oublie pas le milieu modeste d’où je viens et j’en ai gardé la détestation du culte de l’argent-fou et de ses dérives.

Alors oui, j’ai été publicitaire pour de grandes marques. Des voitures, des banques, des produits alimentaires bref des multinationales sans foi ni loi qui délocalisent sans états d’âme… J’ai été publicitaire pour elles comme d’autres ont été ingénieurs, comptables, contremaîtres ou ouvriers. J’ai travaillé pour ces entreprises, je leur ai même donné le meilleur de moi-même enfin non, je n’ai pas « donné », j’ai « fourni » en échange d’un salaire ou de factures. Ce qui signifie que je n’ai pas toujours et forcément adhéré à la philosophie de mes patrons et de mes clients.

Ainsi un jour, je me suis senti particulièrement mal à l’aise dans une salle de réunion luxueuse d’une grande banque. J’étais là pour le briefing de lancement d’un nouveau produit de placement destiné aux « seniors ». Le banquier, s’adressant à moi d’un air complice (le mot n’est pas trop fort), me dit dans un sourire qui ressemblait plus à un vilain rictus : « Tu vois, Michel, ce que je veux, c’est une campagne qui va nous permettre de gratter jusqu’au dernier franc qui traîne dans les bas-de-laine des petits vieux ». Je n’ai pas eu le courage de répondre ni de me lever et je me suis senti moche. En pensant à mes parents.

Oui je sais, on ne fait du business avec des sentiments ni des omelettes sans casser des œufs.

IMG_2660.JPG

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s