La mouche

Je me suis servi un café, j’ai allumé l’ordinateur, je vais écrire mon billet, je commence donc par regarder dans mon iPhone mes photos du jour.

D’abord, celle de l’édito de Béatrice Delvaux, Quel leader contre la barbarie ?, paru dans Le Soir et présentant un dossier de réflexion alimenté par une dizaine d’experts traitant de la lutte contre la barbarie terroriste. Quelques pages d’intelligence pour sortir du fatras d’ignorance et de bêtise qui me gonfle sur Facebook et Twitter que j’ai d’ailleurs de moins en moins envie de consulter. Ce matin en parcourant ce dossier, je me disais que je pourrais peut-être en tirer mon billet du jour, en y ajoutant mon petit grain de sel. Mais justement, n’est-ce pas ce que je reproche aux réseaux sociaux, ce flot continu de commentaires de comptoir, de mouches (hélas souvent à merde !) et de moustiques qui pensent à tout moment qu’ils font avancer le schmilblick. Alors, non je n’écrirai pas sur ce sujet.

Deuxième photo dans mon iPhone, le clocher de notre bonne vieille Collégiale enveloppée de brume d’où s’échappent les mélodies joyeuses d’un carillon qui égaie le marché du samedi. Je me sens bien dans cette ambiance très belge, ouatée et chaleureuse. J’y trouve un côté rassurant, loin de la pagaille sanglante qui nous entoure. Bon, désolé, je reviens à ce sujet, j’ai dit non je n’en ferai pas mon billet du jour. D’ailleurs, la musique, c’est mieux quand on l’entend que quand j’en parle.

Troisième photo, mes pieds dans mes bottes et le fer de ma binette dans la terre du potager que je désherbe. Désolé, je pense à nouveau à toute cette barbarie, à ces idées folles et furieuses qui mènent au carnage et qu’il faudra bien un jour sarcler, arracher et éradiquer de notre terre si l’on veut qu’y poussent et s’y développent encore des vies de qualité. Comment ? Je n’en sais rien mais sans doute plus avec patience et longueur de temps que force ni que rage. Comme au jardin, il ne suffira pas d’arracher et de pulvériser, il faudra aussi et surtout semer, planter et entretenir. J’en suis là avec mes réflexions devant ma tasse de café et mon écran vide. Que vais-je écrire ? Je n’ai pas envie d’être sérieux et chiant mais je n’ai pas non plus l’esprit au dérisoire.

Bref, je suis devant la page blanche, aucune idée claire ne me traverse la tête, aucune phrase cohérente ne sort de mon clavier. Soudain, je me gratte le bout du nez, le haut du crâne, ça me chatouille de partout, ça tourne et ça bourdonne autour de mes oreilles. Une idée ? Non, une mouche. La mouche du coche vient m’aider. Elle saute de mon bras au a puis au e puis au u, vole de mon front à l’écran – Va, vient, fait l’empressée ; il semble que ce soit – Un Sergent de bataille allant en chaque endroit – Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.

Mes doigts courent alors sur le clavier, écrivent ce billet – Piquent l’un, piquent l’autre, et pensent à tout moment – Qu’ils font aller la machine.

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