Opération escargot

C’est lundi, il pleut comme vache qui pisse et les grèves persistent comme voyageurs qui pleurent.

Je viens d’apprendre que les vols vers la France seront probablement annulés dès vendredi prochain, le jour où précisément je devrais décoller pour une semaine de vacances au soleil. Tout est réservé, on verra bien ce qui se passera. Oh ! il n’y a pas mort d’homme, rien de grave, il y a pire. On ne va pas s’énerver parce qu’on risque de perdre quelques jours d’eau de mer et d’argent liquide parce que tout est payé d’avance. Et puis, je ne peux pas râler non plus, puisque j’ai écrit dans un billet récent que ce n’était pas bien.

En entendant cette bonne nouvelle juste après le joyeux bulletin météo, je décide d’aller au jardin, là on me fiche la paix et j’ai encore pas mal de bégonias et de dahlias à repiquer. Le temps pluvieux s’y prête, les fleurs adorent être « pralinées » quand on les plante, c’est-à-dire déposées dans un trou rempli de terreau boueux mélangé d’eau de pluie.

À peine ai-je commencé mon travail sous la drache que mon humeur maussade s’envole: dès qu’un peu de terre salit mes mains, ma tête se nettoie. Je remplis mon arrosoir, je veux verser un peu d’eau dans les petits trous que je viens de creuser… mais rien ne coule, l’embout est bouché. Par de la boue ? Un caillou ? Non, un petit gréviste a décidé de m’empêcher de travailler. Il mène à lui tout seul son « opération escargot ». Qu’est-ce que je fais ? J’emploie les grands moyens ? Le tuyau d’arrosage pour le faire partir à l’instar des autos-pompes de la police ? Des coups de matraque avec le manche de ma pelle-plantoir ? Ou alors, je négocie ?

Je sors mon iPhone et je le mitraille. Photos-reportages exclusives. Scoop. Je lui promets de les publier sur les réseaux sociaux. Pour qu’on voie son action et qu’on la commente, pour qu’on le soutienne et qu’on comprenne ses revendications. Que veut-il ? Moins de fleurs immangeables dans ce foutu jardin et plus de tendres salades savoureuses ? OK, camarade, tu auras ce tu veux, à une condition : tu t’en vas et tu libères mon arrosoir.

Après quelques palabres, il a cédé, il a repris son camping-car et s’est cassé. Quant aux salades… il se contentera de celles que je viens de lui raconter.

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2 thoughts on “Opération escargot

  1. Jean Dediste

    Cher Michel,
    J’ai trop de plaisir à te lire quand tu parles des petites choses de la vie.
    Tu me fais penser à Félix Leclerc et son petit bonheur.
    Amicalement.
    Jean..

    Reply
    1. Michel Collart Post author

      Merci Jean, ton petit mot me touche. J’espère que tu te retapes de tous tes soucis. A bientôt, Michel 😉

      Reply

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