L’heure bleue

La route est douce, l’habitacle est tiède, j’écoute l’autoradio et je fredonne avec elle. C’est l’heure bleue, début de soirée, l’heure des chansons sixties sur Classic 21. Dans le désordre Frank Alamo File, file, file suivi par les Beatles et leur Nowhere Man ayant lui-même sur les talons Trini Lopez qui veut aller en America. Et puis, arrive dans le poste mon amoureuse en rêve de l’époque, ma délicieuse Françoise qui chante L’heure bleue : c’est l’heure que je préfère – on l’appelle l’heure bleue – où tout devient plus beau, plus doux, plus lumineux. Je me laisse envoûter, sans souci, l’heure est belle, il faut en profiter.

Soudain, je me dresse sur la pédale de frein, crissement de pneus, ma voiture bloque quasi sur place grâce aux sèches saccades de l’ABS. Ouf ! Je l’ai évité de justesse. Imbécile de chat, ne puis-je m’empêcher de crier en agitant le poing vers le matou qui déguerpit sur le trottoir après avoir risqué de se retrouver comme une crêpe sous mes roues en traversant le bleu flou à quelques mètres à peine devant moi. En un éclair sont repassés devant mes yeux l’affreux moment où je n’ai pu éviter un chien il y a une vingtaine d’années et l’infinie tristesse du regard du petit garçon qui l’avait laissé s’échapper.

Mais ce soir, je ne filerai le blues à personne, je peux me remettre à chanter avec la belle Françoise : c’est le moment le plus heureux – et laissez-moi vous dire – que ça s’appelle l’heure bleue – oui laissez-moi vous dire comme j’aime l’heure bleue.

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