Tas de bois

 

Il y a toujours à faire au bout du jardin. Ranger le cabanon, changer la paille des poules, prendre l’air, admirer l’étang et les canards, ramasser les branches cassées par le vent, les brûler avec quelques vieux papiers dans le tonneau rouillé. Et puis surtout s’asseoir près du tas de bois, les mains dans les poches de la chaude parka, et bayer aux corneilles. Pas bâiller avec un accent circonflexe (jusqu’à aujourd’hui) et qui signifie ouvrir grand la bouche de fatigue ou de paresse. Mais bien bayer, signifiant rester la bouche ouverte, saisie d’admiration ou de surprise. Rêver, quoi. Avec ou sans accent, puisque quand on rêve on fait ce qui nous plaît ou plait.

Près de mon tas de bûches, je sens comme la fumée d’une cigarette et me revient en bouche la fraîcheur d’une canette de bière. Je revois mon frère Jean-Pierre avec qui j’allais parfois ramasser des troncs et tronçonner des bûches dans son bois de La Marlette. Tas de bois, tas de souvenirs.

Mais aussi, tas de petits bonheurs à venir. Ces rondins qui vont brûler dans ma cassette promettent de chaleureuses soirées en famille (et en chaussettes) au coin du feu, toutes lampes éteintes pour de douces conversations uniquement éclairées par la flamme qui danse.

Ils promettent aussi des tas d’histoires et de voyages à découvrir sous mon lampadaire de lecture avec en musique de fond le silence de la nuit et le léger crépitement du chêne ou du hêtre qui se consume.

Allons, debout, cessons de rêvasser et remontons une pleine brouette pour ce soir.

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