Blues

Le crachin est revenu. Il fait cru devant la porte encore fermée du grand magasin TROC à Jumet dans la banlieue grise de Charleroi. J’attends qu’on ouvre, il est presque 10h et je suis là pour régler une histoire de canapé à faire enlever.

Voilà, je peux entrer : lumière glauque, odeur d’encaustique mélangée de poussière, il fait plus froid à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ici, il y a des meubles, du matériel électrique, des livres, des trucs, des machins, c’est un peu comme une brocante. Il s’agit d’un magasin-dépôt d’articles de seconde main. Je règle l’objet de ma visite en quelques minutes avec un employé très bobo. Et puis, je déambule sans vrai but entre les « brols ». Soudain, devant moi, un mur couvert de guitares. Je n’y connais rien en guitares mais je reste là sans bouger. Je suis fasciné : des guitares de « secondes mains ». Si elles sont accrochées ici, c’est qu’elles ont été séparées de leurs « premières mains ». Pourquoi ?

Le premier gratteur de la guitare Folk Revolution rouge illustrée du portrait de Che Guevara s’est-il embourgeoisé et a opté pour une guitare classique Yamaha ? La belle guitare Erable Flamme a-t-elle été mise en vente parce que son propriétaire a brûlé toutes ses économies ? La guitare Folk Smiley a-t-elle été déposée ici par un père que ne faisait pas rire la « musique de sauvage » de son fils ? … Toutes ces guitares que je contemple ont déjà une histoire. Probablement triste. Une histoire de fausses notes, de cordes cassées, de doigts maladroits, de rêves interrompus.

Des guitares de blues, quoi.

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