Le Chat

Balade dans une des rares petites rues de Nivelles épargnée par les bombardements de la seconde guerre mondiale.

Le soleil de la fin d’après midi caresse les façades de briques datant du 18ème siècle. À deux pas de la Grand-Place bruyante – les terrasses sont bondées et les manèges de la kermesse mélangent chansons, sirènes et baratins de forains – la petite rue des Conceptionnistes est presque silencieuse, si calme qu’on y entendrait un chat ronronner.

Je lève les yeux et je le vois qui me regarde. Confortablement installé sur la pierre d’une fenêtre au premier étage, il observe ce qui se passe ou plutôt ne se passe pas en bas. Image paisible, sereine, tranquille. On ne voyait que le bonheur, dirais-je, en plagiant le titre du terrible roman de Grégoire Delacourt.

Mais derrière cette trop belle quiétude, qui sait ? Peut-être se noue-t-il un drame épouvantable, enfle une haine implacable, se préméditent des actes odieux, qui sait ? Ce chat gentiment installé dans la douceur printanière m’en rappelle un autre : Le Chat de Simenon, un roman sombre et étouffant qui fut adapté au cinéma par Pierre Granier-Deferre avec Simone Signoret et Jean Gabin dans le rôle d’époux qui se détestent. Un livre et un film que j’avais adorés à l’époque, tant la haine y est admirablement décrite dans son effrayante banalité quotidienne dissimulée derrière les rideaux de maisons ordinaires où ronronnent des chats et chantent des canaris.

C’est effrayant parfois ce qui se passe dans la tête d’un promeneur dans une petite rue où il ne se passe rien.

Capture d’écran 2015-05-10 à 21.27.56

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