… isme ?

L’émission Cash Investigation diffusée mardi dernier sur FR 2 au cours de laquelle la journaliste Elise Lucet lançait au patron de Sanofi en pleine assemblée générale cette question: « Avec 8.648.326 euros, vous êtes le patron le mieux payé de France, vous gagnez 508 fois le smic par an. Dans le même temps, les résultats de Sanofi baissent. Est-ce que ça n’est pas trop au vu du contexte actuel ? Est-ce que ça n’est pas déplacé ? », cette émission, dis-je, a suscité de nombreuses et vives réactions, sur Facebook notamment. Ce matin encore, je lisais des commentaires d’amis que j’avoue ne pas toujours comprendre car je ne suis pas aussi érudit qu’eux en matière économique. Mais une réflexion en particulier m’a interpellé car elle assimile au « populisme » la comparaison qu’avance la journaliste en calculant le salaire du boss en multiples de « smic ».

Et bien moi, je pense, au contraire, qu’il s’agit de la vraie question. De la seule question. Et je ne parle même pas sur un plan moral, mais seulement sur celui de la survie harmonieuse de l’humanité.

Dans tous les débats suscités par cette émission, bon nombre s’appuient sur des analyses et des points de vue de différents économistes, politiques et philosophes « spécialisés »qui fondent leurs théories sur l’hypothèse que l’homme est intrinsèquement égoïste.

Moi je pense à un autre penseur qu’il faudrait davantage écouter, un qui ne ressemble pas aux autres: Matthieu Ricard. Oui, je sais, on va dire le bouddhiste, le doux rêveur (enfin, je rappelle scientifique de haut vol et philosophe quand même), ce type qui se balade vêtu d’une robe orange et chaussé de sandales, pas vraiment le genre de profil qu’on invite dans les salons où l’on cause de business, d’économie et de questions monétaires. Et pourtant, son « Plaidoyer pour l’altruisme » y serait tellement inspirant !

J’avais déjà évoqué cet essai dans un billet précédent. J’y suis retourné ce matin après avoir parcouru sur FB les commentaires dont je parle ci-dessus et j’y ai relu ces quelques lignes : « Dans le monde contemporain, l’altruisme est plus que jamais une nécessité, voire une urgence… Si chacun d’entre nous cultivait davantage l’altruisme, c’est-à-dire si nous avions plus de considération pour le bien-être d’autrui… nous nous efforcerions de promouvoir une économie solidaire qui donne une place à la confiance réciproque et valorise les intérêts d’autrui. Nous envisagerions la possibilité d’une économie différente, celle que soutiennent maintenant nombre d’économistes modernes, une économie qui repose sur les trois piliers de la prospérité véritable : la nature dont nous devons préserver l’intégrité, les activités humaines qui doivent s’épanouir, et les moyens financiers qui permettent d’assurer notre survie et nos besoins matériels raisonnables ».

Alors populisme, utopisme ou réalisme ?

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Plaidoyer pour l’altruisme – La Force de la bienveillance – Matthieu Ricard – Éditions Pocket 2014

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