Procrastination

Je pousse la porte d’entrée de la salle d’attente. Une bouffée de chaleur moite me saute au visage. Dans la pièce exigüe et surchauffée, ils sont au moins 6 ou 7 à éternuer, tousser, se racler la gorge. Cachés derrière un Gala ou un Paris-Match périmés, ils tentent de se retenir mais les poussières et les gouttelettes chargées de bactéries sont plus fortes et s’échappent violemment de leur nez et de leur bouche pour envahir l’air ambiant.

Mon médecin est revenu d’un long, très long, mois de vacances et ses nombreux patients – qui n’ont jamais aussi bien mérité leur nom – sont venus se faire enfin soigner rhumes, grippes, pharyngites, laryngites, otites, angines, bronchites, bref une de ces saloperies qu’on attrape en cette période de l’année glacée et trempée que fuit lâchement mon docteur.

Moi, par je ne sais quelle chance, j’ai échappé, jusqu’à présent, au nez qui coule et à la gorge qui gratte. Si je viens ici, c’est parce que je dois absolument renouveler mon stock de drogues. Il ne me reste plus que quelques gélules et cachets, même pas de quoi tenir le week-end. OK, je ne vais pas mourir, du moins je l’espère, si je suis privé de mes médicaments pendant quelques jours mais si je veux suivre les prescriptions à la lettre, il est plus que temps de passer chez mon dealer. Alors, qu’est-ce que je fais ? Je plonge dans le bouillon de culture de streptocoques ou je remets à demain ?

Dehors, le soleil brille, les crocus sont sortis et l’air est si pur.

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