Grève du poil

Roger a craqué. Il a définitivement rangé ses ciseaux.

Comme un jeudi matin par mois, je me suis rendu chez Mylord, coiffeur pour hommes, qui me coupe les cheveux depuis plus de cinquante ans. Un vieux copain à qui je n’ai été infidèle que pendant mes deux années passées au Canada. Et une autre année à mon retour quand je me prenais pour un mec branché parce que je glandais dans une agence de pub « à la mode ». Je fréquentais alors un salon chic de l’Avenue Louise, avant de vite revenir chez mon coiffeur de province car le maître des lieux ne savait jamais comment aborder ma tête qu’il qualifiait de « coiffure à problèmes ».

Et ce matin, mauvaise surprise : un avis sur la porte de Roger informe sa clientèle de son départ à la retraite. Et merde ! qu’est-ce que je deviens, moi ? En ces temps où il faut défendre la presse, où vais-je aller lire Closer et Gala ? En ces temps où il est question de liberté d’expression, où vais-je aller écouter les différentes opinions de mes concitoyens ? En ces temps où l’humour est à la une, où vais-je aller rire des blagues (salaces) que seul Roger savait raconter ?

Roger, si tu me lis, souviens-toi qu’un jour tu avais promis qu’après tes 65 ans, tu continuerais à couper les cheveux de tes amis dans ton living ou ton garage tout en partageant avec eux quelques Chimay rouges ou bleues. J’attends ton coup de fil.

Et d’ici là, je fais la grève du poil au menton… puisque des cheveux, je n’en ai quasi plus.

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