Conte de (Noël) Fin d’Année

Il neigeait à gros flocons et une bise glaciale soufflait dans les rues désertes de la grande ville en cette nuit du Solstice d’hiver, vous savez cette nuit froide qu’on appelait jadis la Nuit de Noël.

Un homme courbé sous un sac à dos pesant et tenant à bout de bras deux grands cabas en plastique apparemment aussi lourds marchait devant une jeune femme maigre comme un clou mais dont le ventre était rond comme un ballon de football. Enveloppée dans une vilaine couverture, la pauvrette grelottait malgré l’écran de protection contre les rafales que formait son compagnon. Il faut dire qu’il n’était pas, lui non plus, plus épais qu’un sandwich SNCF, comme l’aurait chanté Renaud.

Le couple misérable longeait les murs sans trop savoir où aller. On aurait dit qu’il suivait les rares lampes LED clignotantes suspendues aux façades. Jadis, cette nuit-là, quand on l’appelait encore la Nuit de Noël, il y avait partout des décorations lumineuses et colorées qu’on nommait guirlandes. L’homme levait de temps en temps les yeux vers le ciel, les essuyait du revers de sa veste sale et trempée, et scrutait la noirceur comme s’il y cherchait quelque chose. Un signe ? Une indication ? Une direction ?

Soudain, son visage s’est éclairé. Sur la pointe du toit de la Mairie de la Ville, scintillait une croix à cinq branches, vous savez ce qu’on appelait jadis une Étoile de Noël. Il accéléra alors le pas, sa femme le suivant tant bien que mal, pour se diriger vers le porche d’entrée de la Mairie. Il monta les escaliers, et dans un petit coin bien à l’abri de la nuit froide, juste sous l’étoile brillante, il installa son barda pour que sa belle puisse enfin se reposer.

Mais après même pas cinq minutes, la porte de la Mairie s’ouvrit brusquement et un homme en sortit, éructant : « Il est interdit de rester ici, dégagez, les crèches ne sont plus autorisées dans les espaces publics ». Les cris de l’individu alertèrent des voisins qui émus par le désarroi du couple lui ouvrirent LEUR porte : « Venez vous réchauffer, nous allons allumer un feu de bois dans la cheminée. Il n’y a quand même plus de vieux bonhomme qui passe par là, la nuit du 24 décembre. »

Quel vieux bonhomme ? Mais oui, vous savez, ce type à barbe blanche qui venait jadis déposer des cadeaux dans les chaussures au pied des cheminées, sous le sapin, près d’une crèche. Mais oui, vous savez, cette nuit-là qu’on appelait alors Nuit de Noël.

Capture d’écran 2014-12-10 à 22.46.37

(Google Images)

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