Buzz sur mon mur

Samedi, grand soleil dans le jardin, température estivale,… et si on se faisait un BBQ ? Bonne idée… mais ça bourdonne très fort à deux pas de la terrasse. Un nuage de guêpes tourbillonne au dessus du grand mur couvert de lierre. Par centaines, elles vont et viennent entre les feuilles comme s’il y avait un trou ou un nid quelque part dans le vieux mur de briques rongé par la plante grimpante. Je vais chercher une échelle pour vérifier mais l’activité est si intense que je n’ose pas m’aventurer et risquer la piqûre. Je téléphone donc aux pompiers qui promettent de venir le lendemain.

Dimanche matin, deux pompiers sympas débarquent à la maison. “Week-end ou pas, on ne rigole pas avec un nid de guêpes près d’une entrée de maison, surtout quand il y a des petits – et des seniors – dans les parages” me disent-ils. Très vite, ils constatent qu’il ne s’agit pas de guêpes mais d’abeilles. Donc pas de destruction, n’est-ce pas. Ils examinent la situation, photographient même un individu avec mon iPhone, mais ne savent pas déterminer s’il s’agit d’un charter de touristes en provenance de ruches des environs venues pour butiner le lierre en fleurs ou d’une colonie d’implantation de nouveaux logements. “Attendez que la température baisse – il paraît que mardi elle va chuter – et là vous verrez. Si ces abeilles sont ici pour butiner, elles seront reparties. Mais si c’est un nouvel essaim, vous en verrez sans doute encore tourner autour de l’entrée… mais allez donc la dénicher dans cette forêt de lierre épais ! Dans ce cas, le mieux sera de faire venir un apiculteur qui pourra résoudre votre problème”. Les gars s’en vont et me disent que je ne dois pas payer les 75 euros prévus car ils n’ont pas dû éradiquer un nid de guêpes. J’ai alors contacté mon ami Daniel, apiculteur amateur éclairé, qui m’a dit qu’il viendrait enlever l’essaim, du moins s’il y en a un.

Depuis la chute du thermomètre, je n’ai pas entendu le moindre bourdonnement ni aperçu le moindre mouvement d’ailes. Pour en avoir le cœur net, j’ai quand même pris la peine d’aller voir de plus près aujourd’hui. Je me suis bien couvert – on ne sait jamais -, j’ai pris mon grand sécateur, grimpé sur l’échelle et ai commencé à couper le lierre.

Rien ne bouge, mais je me méfie. Peut-être un bataillon de soldats hyménoptères est-il à l’affût, sur le point d’envoyer quelques escadrilles pour m’attaquer? Peut-être la garde rapprochée de la Reine va-t-elle lancer une opération kamikaze d’abeilles tueuses prêtes à mourir après m’avoir planté leur dard ? Je continue à tailler les plantes prudemment, mais rien ne se passe. Je distingue maintenant les briques et les trous dans le ciment désagrégé, j’observe attentivement mais je ne vois pas de nid, pas de vie, pas d’abeilles. Soit elles sont reparties vers leurs ruches, soit elles sont entrées en hibernation dans une anfractuosité.

Suspense jusqu’au printemps prochain. La vie à la campagne est un insoutenable thriller.

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