So fashion

Fréquenter l’école, c’est encore le meilleur moyen d’apprendre et de se faire du bien au moral.

Je parle d’expérience car moi qui vais sur mes 67 ans, je m’y rends encore deux fois par semaine – comme prof d’accord – et c’est fou ce que j’y acquiers comme connaissances. Par l’échange avec mes étudiants, bien sûr, mais aussi par les nombreuses opportunités de partage avec les enseignants d’autres matières. En suivant leurs blogs, leurs exposés ou simplement en discutant avec eux autour d’un café. J’ai ainsi pu suivre les évolutions comportementales – notamment des jeunes – ces derniers mois, voire dernières années, à l’égard des marques, de la com, de la pub. Et de la mode.

Moi qui ne suis pas vraiment un trendsetter ni un obsédé du look branché, j’ai découvert que j’étais en plein dans la tendance actuelle. Que je pourrais même incarner une sorte d’ “icône de la mode”. Oui, ne riez pas. D’après un article paru dans Slate en mars 2014, l’avenir du prêt-à-porter est au “Normcore”, une tendance qui efface les diktats des marques en vogue au profit d’ “une esthétique de la normalité, un refus apparent de la mode au nom d’un retour à l’âge pré-adolescent où le vêtement n’était pas encore un enjeu social”. Bref, on passe de Kenzo ou Armani au n’importe quoi “low cost” qui ne se fait pas remarquer et qui se noie dans la masse. Libre à moi de personnaliser ma tenue, si je le désire, par des accessoires qui correspondent à mes envies.

Aujourd’hui, pour être “in”, il suffit donc d’être “normal”. D’ailleurs n’est-ce pas ce que disait au début de son mandat le Président visionnaire de la France, ce grand pays de la mode ? Et n’a-t-on pas vu récemment Jean-Paul Gaultier, un des papes de la haute couture et de l’extravagance vestimentaire, renoncer à encore griffer des collections de prêt-à-porter ?

Aujourd’hui, l’absence de style est devenu le style par excellence. Du moins l’absence de look et de “valeurs” imposés par les grandes marques. Les jeunes ne suivent plus les mots d’ordre élitistes et branchés des enseignes friquées. Soit parce qu’ils sont plus intelligents, soit parce qu’ils sont plus pauvres, ou plus probablement parce qu’ils sont les deux. On ne sera pas triste d’apprendre que désormais des marques puantes comme Abercombie & Fitch perdent des plumes et soient obligées d’adopter un profil bas. Fini pour cette marque de standing arrogante de se positionner de manière élitiste et d’exclure les gros, les moches et les pauvres qui ne la méritent pas. On n’entendra plus un de ses managers déclarer, comme il y a trois ans, (voir l’article paru dans la Libre en mai dernier Abercrombie & Fitch LB) qu’ “Abercrombie and Fitch ne veut pas laisser penser que n’importe qui, une personne pauvre, peut porter ses vêtements. Seuls les personnes d’une certaine stature peuvent acheter et porter le nom de la compagnie”.

Mais je n’ai pas l’intention de mener dans ce billet une analyse en profondeur des nouvelles tendances vestimentaires. J’en serais bien incapable et surtout le sujet ne me passionne pas vraiment. Il y a plus de soixante ans que je m’habille sans trop me poser de questions. Et voilà que maintenant, avec mon T-shirt et mon jeans crade, j’apprends que vous pourriez me chanter “T’as le look coco”.

Même si je me fous de la mode, ça me ferait très plaisir.

Capture d’écran 2014-10-02 à 12.48.23

2 thoughts on “So fashion

  1. Michel Collart Post author

    C’est vrai Françoise, les blousons en daim j’adore (j’en ai encore d’ailleurs) 😉

    Reply

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