Merci Franck et Amélie

J’ai refermé hier soir le roman « Toute ressemblance avec le père » de Franck Courtès et si je l’évoque dans un de mes billets, vous savez d’emblée que cela signifie que je l’ai aimé car je ne parle pas des livres qui ne me « touchent » pas au cœur.

Je ne compte pas vous en raconter l’histoire, à vous de la découvrir si vous le souhaitez. (voir Ed. JC Lattès).

Non, moi je veux simplement remercier Franck pour ce livre (je me permets de l’appeler par son prénom car j’ai l’impression qu’il fait partie de mes proches). Pas seulement parce qu’il est superbement écrit, pas seulement parce que le récit rebondit à chaque chapitre qui ressemble, comme il le dit lui-même, à une nouvelle complète, pas seulement non plus parce que ce livre ne m’a pas déçu – bien au contraire – après la lecture exaltante il y a un an de « Autorisation de pratiquer la course à pied », son premier livre ébouriffant qu’il me semblait difficile de surpasser. Non, je remercie Franck de surtout me donner l’occasion de penser, avec une émotion profonde, à mon propre père, hélas disparu trop tôt.

Un autre livre m’avait déjà fortement interpellé sur la question de la relation au père: « Au nom du Père, du Fils et du rock’n’roll » d’Harold Cobert qui évoque les rapports compliqués de l’auteur avec son père durant son adolescence, ses sentiments de culpabilité et le bonheur, hélas tardif, de ses retrouvailles avec lui. Franck Courtès, lui, raconte la difficulté de survivre et de se (re)construire après la disparition précoce et brutale de son père.

Je n’ai vécu aucune de ces deux situations, mais j’ai été très touché par ces deux romans car, comme leurs auteurs, j’ai la sensation d’être « passé à côté » de mon père : adolescent, je n’avais pas beaucoup de contacts avec lui si ce n’est à travers le foot quand je jouais en scolaires et en juniors et qu’il suivait mes matches et plus tard, la maladie l’a malheureusement trop diminué durant ses dix dernières années de vie pour permettre une relation riche.

Je ruminais tout cela en passant ce matin devant « La Compagnie des Mots » ma petite librairie à Nivelles. Je me suis arrêté devant la vitrine pour jeter un œil sur les derniers bouquins parus quand la charmante librairie sur le pas de sa porte m’a salué en disant qu’elle avait rencontré Grégoire Delacourt lors de son tout récent passage à Bruxelles et qu’il l’avait chargée de me transmettre son bonjour. Ça m’a mis en joie évidemment et je suis entré dans la boutique mais sans l’intention d’y acheter quoi que ce soit, j’ai en effet trop de livres en attente. Mais impossible de sortir d’une librairie sans un petit paquet de nouvelles pages. J’ai opté – achat impulsif – pour « Pétronille », le dernier-né de notre Amélie nationale. C’est une tradition, depuis des années, je commence le mois de septembre avec le nouveau Nothomb. Je l’ai ouvert quelques instant plus tard à la terrasse des « Arcades » sur la Grand-Place où a lieu le marché. Et j’ai dégusté les premières pages. Pétillantes comme une flûte de champagne. Ma libraire avait raison quand elle me disait que les livres d’Amélie Nothomb commencent en général très fort. Et retombent en cours de lecture. Cela, je le verrai plus tard. Je n’en suis qu’à la phase « forte » et je l’ai appréciée. Amélie Nothomb se laisse aller à l’ivresse des bulles avec un talent délicieux. Et dangereux pour tous ceux qui comme moi n’ont pas besoin d’être encouragés pour faire sauter les bouchons. « Boire en voulant éviter l’ivresse est aussi déshonorant que d’écouter de la musique sacrée en se protégeant contre le sentiment du sublime ». Cette phrase – merci Amélie – je vais l’étudier par cœur et la ressortir quand on me reprochera d’encore remplir mon verre.

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