Ice bullshit

Désolé, je crois que je traverse une phase râleuse. Hier, c’était contre les looks agressifs. Aujourd’hui, ce qui m’énerve prodigieusement, c’est ce buzz de l’Ice Bucket.

Vous voyez ? Cette opération en chaîne qui envahit les réseaux sociaux et qui consiste à s’exhiber en train de s’envoyer un seau d’eau glacée sur la tête et à nominer trois autres personnes qui devront faire de même. Ce geste étant éventuellement accompagné d’un don destiné à aider les gens qui souffrent de la maladie de Charcot.

Des « stars » en mal de gloriole au commun des mortels désireux de faire l’intéressant, des milliers d’internautes s’aspergent donc de glaçons et croient ainsi appartenir à une élite branchée et entrer dans un Hall of Fame de la charité.

Bien sûr, en tant qu’ex-pubeur chasseur de succès, je devrais applaudir un tel concept. Imaginez ! grâce à lui, la lutte contre la maladie de Charcot dont personne ne se souciait jusqu’à ce jour a bénéficié d’une immense pub et surtout récolté des millions de dollars. Je dis donc bravo et me prosterne devant cette réussite.

Je me prosterne, mais en même temps, ce succès me consterne. Oui, me consterne. Je trouve désolant que pour susciter un geste de solidarité, il faille aujourd’hui créer du buzz, du show, du cirque. La maladie de Charcot, tout le monde s’en fout – sauf ceux qui en souffrent et quelques magnifiques personnes qui la combattent. C’est comme les maladies neuro-musculaires, la leucémie, les malformations cardiaques, les… ou tout simplement, le cancer de la pauvreté. Personne, ou presque, n’est prêt à donner un euro pour des causes aussi peu glamour. Sauf s’il y a une caméra à proximité avec des paillettes et du zim-boum. Et surtout de la mise en avant des égos. Ceux des gros donateurs et ceux des animateurs-vedettes de télévies, de téléthons, de galas caritatifs et autres buzz barnumesques de l’émotion.

Le plus navrant, c’est que très souvent le but même de ces spectaculaires appels aux dons passe au second plan, aux oubliettes. Et ne restent dans les mémoires que « la fête » et les « enfoirés » qui y ont participé.

Le véritable geste de solidarité est quotidien, discret, gratuit. Envers la voisine de palier qui n’a plus de famille, le sdf du coin, le beau-frère handicapé, le copain désargenté et les organisations caritatives selon un choix personnel. Un sourire, une oreille attentive, une main tendue, une visite. Et bien sûr, si les moyens le permettent, un chèque, accompagné pourquoi pas de quelques glaçons dans un apéro partagé. Mais sans caméra ni appareil photo, svp.

Capture d’écran 2014-08-23 à 15.24.17

 

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