We stay in contact

Nigel, my old friend… il y a quatre ou cinq ans – déjà !- qu’on ne s’est plus vus.

Mon vieux pote et complice Nigel est revenu habiter à Bruxelles et m’a proposé d’aller luncher ensemble. Quel bonheur de revoir ce vieux gredin avec qui j’ai passé tant de bons (et de mauvais) moments. Colgate, Jacobs Suchard, Lééééooooo ! … que de réunions, de palabres et de verres partagés, que de souvenirs !

Le plus beau, j’y pensais dans la voiture en me rendant au rendez-vous, se passe à New York en 1980. Nigel vient de quitter l’agence bruxelloise où nous travaillions ensemble pour un poste à New York. Quelques mois plus tard, je suis envoyé en mission aux USA. Et pour la première fois de ma vie, je vais découvrir The Big Apple. Je préviens Nigel et nous nous promettons de nous rencontrer quand je serai là-bas.

Dans le taxi qui me conduit de Kennedy Airport à Manhattan, je suis comme un petit garçon. J’ai baissé la vitre, et la tête penchée à l’extérieur, je m’extasie devant la hauteur des buildings, l’animation dans les rues, les néons de Broadway. Jamais de la vie, je n’avais imaginé qu’un jour j’irais là-bas. Le taxi me dépose à mon hôtel, The Barclay, au bord de Central Park, à deux pas de Madison Avenue, la Mecque de la Pub. Quand j’entre dans le grand hall de ce palace, je me sens tout rikiki, petit Belge de la reclameke au pays des Bill Bernbach, David Ogilvy, Jerry della Famina et autres Mad Men du Hall of Fame of Advertising. Je traverse le grand hall, arrive au comptoir de la réception, prends les clés de ma chambre pour le 8ème, 18ème ou 38ème étage, j’avoue que je ne sais plus. Quand j’entre dans la chambre, mon premier geste est d’ouvrir les tentures de la grande fenêtre et d’admirer Central Park. Mais quelle chance j’ai, moi qui ne suis qu’un inconnu débarqué ici grâce à on ne sait quel hasard ! À ce moment, driiinnnggg, le téléphone sonne. J’ai bien dit le téléphone qui se trouve sur la table de nuit, pas mon gsm dans ma poche, puisqu’ en ces temps préhistoriques, la mobilophonie n’était encore que de la science-fiction. Qui peut-on donc m’appeler dans cette mégalopole où je ne suis qu’un illustre anonyme ?

– Hi Mich, here is Nigel, I’m sitting in the bar, I’m waiting for you…

Comment sait-il que je suis là ? Je ne lui ai pas communiqué mes heures d’arrivée. Je descends dare-dare au bar, et notre homme est là avec un double Jack Daniels devant lui et un autre devant le siège vide qui lui fait face et qui m’est destiné. Quand je m’assieds, Nigel m’explique qu’il s’est renseigné sur les heures de vol en provenance de Bruxelles, qu’il s’est installé dans ce bar à une place d’où il peut surveiller l’entrée de l’hôtel et qu’il m’a tout simplement attendu. Pas trop longtemps apparemment car il ne semble pas avoir consommé trop de doubles Jack. Nous vidons nos verres et je ne sais comment le remercier car je suis aux anges, je ne m’étais vraiment pas attendu à un tel accueil. Mais je n’ai encore rien vu, car Nigel a dans sa poche trois tickets pour la comédie musicale New York New York réservés pour le soir même, après un petit souper chez lui préparé par son adorable petite femme Martine. My God ! quel souvenir, ce premier soir à NY !

Nous reparlons de ça et de bien d’autres choses ce midi. Quand vient le café, j’hésite à demander deux doubles Jack Daniels pour l’accompagner. Nigel lit immédiatement dans mes yeux et me dit qu’il n’a pas envie d’aller terminer sa journée avec moi dans un bar quelque part derrière la Grand-Place comme la dernière fois, il y a, je l’ai déjà dit, quatre ou cinq ans. Il appelle le garçon et paie l’addition. Non, lui dis-je, on partage ! Pas question me répond-il :

– We stay in contact and next time it’s for you

photo

 

2 thoughts on “We stay in contact

  1. Martine Vervliet

    Oh oui, de très bons moments passés ensemble. Tu es ensuite parti au Mexique si je ne me trompe pas et tu m’as rapporté une petite statuette verte qui trône toujours dans ma vitrine.

    Reply
  2. Michel Collart Post author

    Effectivement, j’ai visité ensuite quelques agences DM&M aux USA (Saint Louis, Los Angeles, Houston) et à Mexico City. Et puis, je suis revenu quelques jours encore à NY et nous sommes allés ensemble chez Dallas dans le Connecticut. Beaux souvenirs ! Bises à toi Martine, Michel.

    Reply

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